Embarquer dans une démarche de co-construction…

Ladies and gentleman, welcome on board !

embarquer_1Embarquer de nouveaux participants dans une démarche de co-construction : nécessité pour collaborer ou simple formalité de politesse ?

Dans une dynamique de changement ou de transformation, on entend souvent qu’il est nécessaire d’avoir du sang neuf, de mixer les équipes ou d’aller chercher des idées ailleurs pour penser « out of the box ». Au premier abord difficile d’aller à l’encontre de cette idée reçue, même si, entre nous, il est difficile de savoir si finalement on ne serait pas arrivé exactement au même résultat avec l’équipe en place sur les sujets maitrisés, des erreurs déjà commises et une vraie envie de changement.

 

Cela dit en poussant le questionnement un peu plus loin, on peut se demander s’il est possible et pertinent d’introduire de nouveaux acteurs dans un processus de co-construction en cours de route. Est-ce que ça peut marcher ? Est-ce que cela va être efficace ? Est-on obligé de leur expliquer la démarche de bout en bout ? Cela ne va-t-il pas ralentir le groupe ou casser la dynamique ? Et surtout comment faire ?

C’est ce que nous ont proposé d’expérimenter Julie Credou et Sébastien Rocq de Codesign-it!, en introduisant 4 personnes qui n’étaient pas présentes aux premières sessions de formation du D.U. Codesign. Pour tester l’expérience et tenter d’y répondre, 4 thèmes que nous détaillerons un peu plus bas ont été abordés. Perçu par certains (dont je faisais partie) comme un simple exercice d’icebreaker, nous nous sommes vite rendu compte que l’exercice n’était pas une simple descente d’information top-down ou un exercice pour apprendre à se connaitre mais bien la démonstration qu’il était primordial de partager un terrain de jeu commun quitte à le revoir ou à le faire évoluer au fil du temps.

 

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1 – Un environnement et des outils adaptés à la co-construction du collectif

Réunir les conditions nécessaires de l’action collective semble essentiel pour co-construire et innover. Sans que la liste soit une succession d’items figés qu’il suffit de cocher, cela implique de rassembler les éléments nécessaires au déconditionnement du collectif pour une situation donnée.

Parmi ces éléments, on peut citer l’environnement et son écosystème. En effet, le lieu et sa configuration sont des paramètres importants pour stimuler l’intelligence collective et favoriser le travail en mode atelier.

Élément structurant pour faciliter le lien, le lieu doit cependant disposer du matériel nécessaire afin que le collectif se concentre sur l’essentiel et le fond plutôt que le moyen pour y arriver.

Un autre élément important du kit collaboratif est l’outillage permettant la capitalisation du groupe. Les technologies d’aujourd’hui sont telles qu’il existe un nombre incommensurable d’outils, d’applications pour capturer les instants de collaboration et stocker/partager les productions.

Dans le cadre du D.U. Codesign et sans que cela soit figé, nous avons opté pour Dropbox pour tout ce qui est stockage/partage d’informations en tout genre (administratif, ébauche ou validation des publications, photos/vidéos des productions en atelier…) et WhatsApp comme média social pour s’informer de news en tout genre.

Le dernier élément structurant est bien évidemment les personnes qui composent le groupe. Véritable melting-pot de compétences dans le cadre qui nous concerne, il permet de se nourrir des connaissances de chacun (encadrants, intervenants et participants multi-promos) pour co-construire.

 

embarquer_32 – Les règles du jeu du codesign

Comme dans tous jeux, les règles sont l’ensemble des consignes définies qu’il convient de respecter pour conditionner le bon déroulement de la collaboration au sein d’un groupe.

Dans le cas présent de cette formation, elles tournent autour de la bienveillance, l’engagement, la participation, le non-jugement, le fait qu’on doit oser et que le « feedback is a gift ».

En synthèse cela signifie qu’on peut jouer ou maltraiter les idées autant qu’on le souhaite mais dans le respect de ceux qui les portent. Ces règles peuvent paraitre simplistes et très idéalistes mais elles instaurent les facultés ou contraintes qui se présentent à chacun des participants.

Outre cet élément essentiel et à l’instar de l’open innovation, il est convenu qu’il n’y a pas de copyright sur les collaborations, concepts, ou productions réalisées au cours du D.U. Codesign.

 

embarquer_43 – L’importance des livrables

Aussi diversifié ou original que soit le format utilisé, la production de livrables a un rôle essentiel dans une démarche de codesign. Ils permettent notamment de rendre concret des échanges, réflexions et raisonnements au sein d’un groupe.

Souvent perçus comme une contrainte et une perte de temps, ils sont bien les éléments tangibles qui resteront après des sessions ou ateliers en groupe car ils sont la matérialisation et le résultat de l’intelligence collective. Dans une certaine mesure leur avancement permet également de monitorer le groupe.

 

Dans le cadre du DU Codesign, ces livrables peuvent être regroupés autour de trois principales productions :

  • Les restitutions d’ateliers qui sont les supports permettant la restitution orale aux autres participants qui n’ont pas participé à l’atelier
  • Les publications de points de vue, d’articles, de synthèses ou de solutions au regard des thèmes abordés avec les intervenants lors de chaque demie journée (comme par exemple cet article…)
  • L’expérimentation qui est le résultat itératif d’une recherche, d’un projet ou d’une exploration documentaire sur un sujet de son choix.

 

embarquer_54 – Le fameux « …comment fonctionne le D.U Codesign ? »

Approche innovante, interactive et performante, le codesign se nourrit des méthodes d’innovation et de collaboration ainsi que de concepts très variés qui ne cessent d’évoluer.

La formation du D.U. est conçue comme un apprentissage par l’expérimentation et la pédagogie inversée. Cette méthode d’apprentissage collaborative est participative et interactive entre les participants et les intervenants. Elle permet de résoudre des problèmes en groupe en facilitant l’émergence d’idées pour tenter d’y répondre.

Chaque session (demi-journée) se déroulent en suivant les étapes de ce qu’on appelle la boucle PI (Pédagogie Inversée) :

  • Stimulation : Partage d’une tranche de vie par un intervenant permettant d’ouvrir le jeu
  • Émergence : Réflexions / interrogations des participants sur le sujet exposé
  • Problématisation : Élaboration d’un questionnement : que peut-on résoudre ensemble ?
  • Tentatives : Travail collaboratif en sous-groupe qui vise à essayer d’apporter une réponse à la problématique
  • Feedback : Commentaires, complément d’analyse et d’échanges autour de l’intervenant
  • Réflexivité : Prise de hauteur, réflexion des parties prenantes sur les apprentissages acquis
  • Publication : Rédaction d’un article sur cette expérience et ces apprentissages

L’objectif de la démarche est in fine de valoriser plus le cheminement logique et émotionnel que le résultat final sur la problématique exposée par l’intervenant.

Finalement rien de si révolutionnaire, le cadre posé a des composantes élémentaires et simples à suivre. Quelque soit la démarche, le motto à retenir pour que ça fonctionne est juste « trust the process » et laissez-vous déconditionner pour co-construire.

Merci à Sébastien Rocq et Julie Credou pour leur intervention !

Restitution proposée par Cyrille DUMAINE-MARTIN, participant du Diplôme Universitaire Codesign.

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