Pourquoi jouer ?!

… est-ce seulement parce qu’Adrien facilite au sein de « Wild is the game » ? Je ne crois pas. Le jeu est une approche pédagogique qui a bien des avantages que nous avons éprouvés à l’occasion de la session facilitée par Adrien Angliviel.

La ludopédagogie est une méthode d’apprentissage basée sur l’utilisation de matériaux et/ou situations ludiques et/ou fictives, c’est-à-dire d’outils et de techniques permettant d’apprendre par le jeu. Elle part du postulat que l’apprentissage ne peut pas exister sans une confrontation avec l’expérience pratique.

Le but est d’aider l’apprenant à construire des compétences exploitables dans son environnement du travail à partir des compétences acquises sans forcément les évaluer au préalable. C’est comme cela que les participants se concentrent sur la recherche de solutions plutôt que sur un inventaire de problèmes qui bride l’action. C’est donc bien de cela dont il s’est agi pendant les 3 heures que nous avons partagées avec Adrien.

Façon « Pictionary », nous avons d’abord expérimenté la plus-value de prendre des notes visibles par l’ensemble du groupe et surtout par l’intervenant. Un mode plutôt original de feedback et d’évaluation de la compréhension du message transmis.

Nous avons ensuite, joué aux 7 familles de la facilitation…

Dans la famille Qualification, 4 d’entre nous ont détouré une problématique à éclairer selon le modèle du diamant de la qualification. Il s’agissait de poser le cadrer, de définir le terrain de jeu, donc de définir l’ensemble des éléments nécessaires en amont d’une session collaborative.

Dans la famille Environnement, nous avons constaté en situation que la façon dont ils ont organisé leur espace, a eu un impact dans l’évolution des échanges au profit du facilitateur ou de l’objet de travail…ou pas.

Dans la famille Acteurs, nous avons tous joué un rôle pour mettre en scène la session collaborative préparée. Pour les facilitateurs de session, ce travail a permis d’appréhender les acteurs pertinents pour leur démarche. Les acteurs de la session, quant à eux, ont eu une position tout à fait privilégiée pour :

  • observer les atouts et les limites de la facilitation du collègue, mais aussi et surtout
  • se mettre dans la peau des participants, d’aller chercher les arguments pour ou contre un projet et d’observer les jeux d’acteurs en place.

Que d’arguments trouvés pour nos prochaines sessions !

Dans la famille Agenda, cette mise en scène nous a permis d’expérimenter la création d’agenda dans un temps record et la limite de cette pratique sur le résultat. Elle a mis en lumière l’ajustement d’agenda en situation, en fonction de l’évolution des résultats obtenus : parallélisation, inversion, adaptation ou l’art de la facilitation en session !

Dans la famille Méthodes et outils, quelques astuces techniques nous ont été confiées précieusement autour de l’utilisation de post-it tout terrain de grand format, comme des affiches. Nous avons utilisé le domino report out pour clustériser les questions que nous nous posions dans notre pratique de facilitateur. Nous nous sommes ensuite essayés à une prise de note visuelle et partagée. Nous avons mobilisé la mise en situation et le jeu pour simuler des postures de facilitateurs et les interactions avec les participants. Nous avons enfin rappelé la grille de lecture des niveaux de facilitation (Front, Middle, Back) avant de « woosher » notre co-facilitatrice du jour en guise d’« energizer ».

Dans la famille Participants, le facilitateur y trouve de nombreux alliés. En effet, le groupe se laisse guider par le process (« Le process est ton ami ! » dixit Adrien) mais il est aussi une ressource inestimable pour débusquer ou dépasser le malaise « Eléphant » dans la session. Qu’il soit lié à des tensions, ou à une baisse d’énergie du groupe, l’ « Eléphant » caché dans la salle mérite d’être débusqué pour pouvoir poursuivre le travail.

Dans la famille «Do-it yourself », le facilitateur, notamment le débutant, prendra le temps d’identifier ses forces à exploiter dans les sessions. Il saisira aussi toutes les occasions professionnelles ET personnelles pour expérimenter un process collaboratif. Suite à ces occasions, un travail de conscientisation est nécessaire pour ajuster son style, vérifier ses forces et identifier ses marges de vigilance.

Sur cette scène de facilitation, Adrien Angliviel a tenu le rôle de réalisateur mais d’autres acteurs ont joué un rôle déterminant dans la réussite de cette session pour laquelle nous n’étions que de simples figurants. Un grand merci à lui, à Zeineb Chaabane, la metteure en scène et Alain Biriotti, le souffleur…

Pour continuer de jouer, à quand une session sur le théâtre ou le cinéma ? A vos marques !

Restitution proposée par Sandrine BARRET, sous la relecture de Patrice ROUX-CAILLEBOT, participants du Diplôme Universitaire Codesign.

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