Engagement collaboratif, social et solidaire !

Môm’artre, comme de plus en plus d’initiatives émergentes, s’inscrit dans des démarches d’économie sociale et solidaire, ces actions d’inspiration altruiste qui cherchent à provoquer des impacts positifs sur la vie d’autrui.

Sa fondatrice, Chantal Mainguené, est ainsi fellow de Ashoka, ce réseau inclusif d’accompagnement d’entrepreneurs sociaux. Cette ONG a, en 35 ans, poussé plus de 3300 entrepreneurs sociaux à résoudre des problèmes sociétaux dans 85 pays. C’est dans ce même état d’esprit que Chantal Mainguené se penche sur la complexité à mener de front vie professionnelle et vie familiale, en particulier, encore souvent, pour les mères de famille. L’association Môm’artre, lancée en 2001 avec Cécile Decognier, propose un mode de garde d’enfants adapté, répondant à la fois aux besoins de certaines familles urbaines et proposant aux enfants un contenu éducatif et artistique pendant l’absence de leurs parents.

Le projet s’est depuis agrandi à différents arrondissements de Paris, mais aussi en dehors de l’agglomération parisienne.

Brice de Margerie, membre de Codesign-it! et fondateur de Talent Social, y a apporté son grain de sel, en accompagnant les membres du réseau avec un outil sur mesure : Jour de Gloire. Prenant le contre-pied de la célèbre plateforme digitale Vie de Merde, Jour de Gloire prend résolument le parti de voir le verre plein. Comme son nom l’indique, ce réseau social simple permet d’indiquer au jour le jour ce qui va bien, plutôt que les difficultés quotidiennes. D’autant plus riche qu’il est mis entre des mains positives et enthousiastes, cet outil permet de mapper ce qui fait la richesse des différentes antennes de Môm’artre en France : à Nantes, ou à Arles, chaque équipe partage de façon hebdomadaire ses inventions les plus récentes. Jour de Gloire sert alors de réceptacle, les nouveautés pédagogiques des animateurs étant agrégées dans des newsletters envoyées chaque semaine aux autres équipes de Môm’artre.

De nouveaux besoins ont émergé au sein de la codirection de Môm’artre, guidée jusqu’à Codesign-it! par Cécile Decognier. Sentant la nécessité d’enrichir la direction bicéphale de leur association par une dimension collaborative dans la prise de décision, les deux directrices ont voulu questionner les moyens de rendre cette instance plus représentative et engageante. Codesign-it! a accompagné plusieurs équipes issues de l’association Môm’artre dans cette démarche, par 5 sessions d’une journée.

Béatrice Collet et Brice de Margerie ont d’abord guidé les équipes pour leur permettre de s’aligner sur les questions de vision, de valeur, d’utilité sociale, et surtout de retrouver la notion de sens : quelle est, finalement, la fonction réelle du comité de direction au sein de Môm’artre, au-delà de sa position d’instance dirigeante ? Pourquoi en a-t-on besoin ?

D’autres questions plus opérationnelles ont également été abordées, telles que la détermination des prérogatives propres à la codirection, comme le recrutement ou l’ouverture d’une nouvelle antenne.

Mais cette phase pilote a progressivement laissé la place à une phase de transfert des capacités de facilitation. La principale ambition de ces sessions était en effet de donner aux équipes les clefs de la facilitation, afin qu’elles puissent entretenir la dynamique collaborative au-delà de ces rencontres ponctuelles et les mettre en pratique dans le fonctionnement de l’association. L’outil de rôle délégué a ainsi été sollicité : les participants, chargés à tour de rôle d’animer eux-mêmes le débat au sein des équipes, surveillent le temps, et accélèrent la décision.

Peu à peu, l’influence des facilitateurs s’est effacée pour permettre aux participants de gagner en autonomie, si bien qu’aux dernières sessions, ceux-ci choisissaient à la fois le sujet à traiter et les outils ou activités appropriées pour y répondre de façon optimale.

Ce dispositif, en bousculant les acteurs dans leur position habituelle, ne se contente pas de huiler certains rouages, il superpose à la machine de nouvelles poulies, pour hisser les ambitions à un autre niveau.

Car l’engagement personnel est peut-être la meilleure réponse à l’inertie.

Publication proposée et témoignages recueillis par Nina Valin.

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