Sciences citoyennes et développement durable

Citizen science & sustainable development – Sciences citoyennes et développement durable

…un nouveau terrain de jeu pour le « co » : les sciences !

 

Cet après-midi du 26 février 2018, Rosy Mondardini nous a expliqué avec enthousiasme le concept de « citizen sciences » qui peut se traduire par sciences citoyennes, participatives ou collaboratives. Elle nous a ensuite montré comment cette pratique pouvait se mettre au service du développement durable et devenir un vrai contrepouvoir.

Rosy Mondardini est directrice du Citizen Science Center de Zurich et membre du Citizen Cyberlab de Genève.


Citizen sciences : une pratique
collaborative

Tous les citoyens volontaires peuvent participer à la récolte et à l’analyse de données et contribuer ainsi à la production de connaissances scientifiques. Ces travaux entrepris par le grand public sont supervisés par des scientifiques.

Cette pratique s’est largement développée depuis une vingtaine d’années notamment grâce aux progrès technologiques et à la généralisation des pratiques open source.

Quels domaines d’application ?

Rosy nous a présenté de nombreux domaines d’application pour les sciences citoyennes :

– le calcul distribué (volunteer computing) où des volontaires mettent à disposition les ressources de leurs ordinateurs personnels pour démultiplier les capacités de calcul

– la réflexion collective (volunteer thinking) où les citoyens mettent à disposition leurs capacités d’analyse (par exemple, dans le projet Galaxy Zoo, les citoyens volontaires classent des images de galaxies http://zoo1.galaxyzoo.org/)

– la collecte volontaire de données (volunteer sensing)…

Les Citizen Sciences au service du développement durable 

Le développement durable est un domaine de prédilection pour les sciences participatives. Le crowdsourcing et l’open data offrent des moyens de contrôle et de vérification indépendants qui permettent la constitution de vrais contrepouvoirs.

A différents titres, les sciences citoyennes peuvent efficacement contribuer aux 17 objectifs de développement durable établis par les États membres des Nations Unies et qui sont rassemblés dans l’Agenda 2030.

Après cet exposé très riche vient le temps de la problématisation.

Catherine Foliot et Sophie Mourey, qui facilitent la session, invitent chacun de nous à identifier un sujet sur un post-it. Nous les collons sur le tableau en les triant par thèmes (technique des dominos). Quatre grands sujets ressortent : l’engagement, la visibilité, la motivation et la data.

Par groupe de 4/ 5 personnes, nous élaborons les problématiques :

– pour la visibilité : il est difficile de faire connaître son projet scientifique et de mobiliser au-delà du premier cercle des amateurs éclairés
– pour la data : il est difficile d’avoir confiance dans les données produites dans le cadre des citizen sciences
– pour la motivation : comment faire de la motivation citoyenne un moteur de la recherche ?
– pour l’engagement : comment mettre encore plus ces initiatives de sciences citoyennes au service des priorités sociétales

Ces deux dernières problématiques, assez proches dans leur formulation, ont été regroupées en une seule.

Cascades de problématisations

Sophie nous propose ensuite un World Café en 3 temps pour transposer les problématiques identifiées dans les organisations, puis dans le codesign et enfin pour échanger autour des conditions de réussite.

Le World Café est un processus créatif qui vise à faciliter le dialogue constructif et le partage de connaissances et d’idées, en vue de créer un réseau d’échanges et d’actions. Ce processus reproduit l’ambiance d’un café dans lequel les participants débattent d’une question ou d’un sujet en petits groupes autour de tables. À intervalles réguliers, les participants changent de table. Un hôte reste à la table et résume la conversation précédente aux nouveaux arrivés. Les conversations en cours sont alors ‘fécondées’ avec les idées issues des conversations précédentes avec les autres participants. Au terme du processus, les principales idées sont résumées au cours d’une assemblée plénière et les possibilités de suivi sont soumises à discussion.

Les enseignements du jour

Les participants du D.U ont tous été convaincus par l’intérêt des sciences citoyennes, par les nombreuses opportunités offertes par cette méthode collaborative. Et, au travers des différents ateliers, nous avons identifié de nombreux enjeux autour de ces sciences citoyennes : fiabilité de la donnée récoltée, recrutement des citoyens volontaires pour collaborer à ce type de démarche (et représentativité de ces citoyens), identification d’un « risque big brother », constitution de contre-pouvoir…

3 modes d’animation des échanges ont été mobilisés pendant la session :

– 1er temps : identification post-it / dominos
– 2ème temps : problématisation en groupe de 4-5 sur panneau Plume (panneaux effaçables légers)
– 3ème temps : format World Café pour trouver des solutions aux 3 problématiques identifiées dans le 2ème temps dans deux secteurs d’application : les organisations et le codesign, en réfléchissant aux conditions de réussite 

World Café : du plus et du moins

La méthode du World Café a été segmentée dans cet exercice. Normalement, pendant un World Café, les groupes tournent d’une table à l’autre sur un seul sujet et réagissent et enrichissent les apports du groupe précédent. Ici, un choix plus ambitieux a été fait de décliner la problématique identifiée dans la première phase en trois. Mais ce choix a rendu plus complexe l’exercice et a empêché le côté itératif puisque la question posée change à chaque groupe.

World Café est un outil très efficace pour générer des interactions et des dialogues entre les participants. Très intéressant à utiliser pour recueillir les propos des groupes divers. C’est un outil très flexible qui s’adapte bien à de nombreux défis tels que : partage d’information, réflexion poussée, plan d’action, création de partenariat… etc

La méthode a eu des effets très bénéfiques : dynamisme des échanges, pollinisation et interactions rendues possibles avec tous les membres du DU.


Merci à Rosy Mondardini pour son intervention.

Restitution proposée par Anouk Teneul, participante du Diplôme Universitaire Codesign

Licence Creative Commons Cette œuvre du Diplôme Universitaire Codesign est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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