Codesign-it! http://codesign-it.com innovation collaborative Mon, 02 Dec 2019 12:12:19 +0000 fr-FR hourly 1 https://i2.wp.com/codesign-it.com/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 Codesign-it! http://codesign-it.com 32 32 110756974 Le Livre Le Lab des Labs : l’ouvrage aux 277 contributeurs ! http://codesign-it.com/2019/12/02/le-livre-le-lab-des-labs-louvrage-aux-277-contributeurs/ http://codesign-it.com/2019/12/02/le-livre-le-lab-des-labs-louvrage-aux-277-contributeurs/#respond Mon, 02 Dec 2019 12:12:14 +0000 http://codesign-it.com/?p=2636 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it !

Le Livre Le Lab des Labs : l’ouvrage aux 277 contributeurs !


A l’occasion de la semaine de l’innovation publique, le CGET, Futurs Publics, le CNAM et Codesign-it ont eu le plaisir de présenter le livre Le Lab des Labs. Un ouvrage qui compte déjà 277 contributeurs et qui ne demande qu’à en rassembler davantage ! 

Lundi 25 novembre dernier, il y a foule au Lieu de la transformation publique : des équipes de Labs, des designers, des chercheurs, des acteurs de l’innovation publique, privée ou associative…

“Associer le secteur public et le secteur privé dans la communauté des Labs et dans cet ouvrage est quelque chose dont nous sommes très fiers”

Catherine Foliot, membre de Codesign-it 

Le livre Le Lab des Labs est le fruit de deux “brins d’ADN” : 

  1. L’expérience accumulée de nombreux acteurs de Labs, et l’idée de les faire se rencontrer pour échanger et produire ensemble des contenus. Cela depuis environ une quinzaine d’années, à l’apparition des premiers Labs en France. 
  2. Les Communs : une production open source, destinée au plus grand nombre, sans présupposer de ce que les lecteurs auraient envie d’en faire. L’envie que d’autres s’emparent de ces contenus pour se les approprier, les déformer, les réinventer, leur donner d’autres formes, les compléter, s’en servir et les partager à leur tour.

“ Le livre est sous licence CC BY SA ; et c’est très important pour nous ! C’est une licence Creative Commons qui permet une très large réappropriation ; qui permet à tous de l’utiliser comme ils le souhaitent. À deux conditions : perpétuer cette licence s’il y a des nouveaux contenus créés, et toujours citer l’origine pour qu’on puisse tracer les chemins que prennent ces connaissances et ces supports. Qu’on puisse documenter la diffusion, l’essaimage de ces productions, et reconnaître ceux qui y ont contribué.” 

Greg Serikoff, membre de Codesign-it

Les premières lignes du livre ont vu le jour au Lab des Labs #2 en décembre 2018. C’était la deuxième édition de cette rencontre annuelle de la communauté des Labs invitée par le collectif Codesign-it. L’idée du livre Le Lab des Labs y est lancée et plébiscitée par les 90 acteurs présents pour l’occasion.  Un mois après, la même proposition est faite aux 70 participants de la journée Futurs publics “Un lab…et après ?” au 110 bis – le Lab de l’éducation nationale et de la jeunesse. Depuis les contributions n’ont fait que s’additionner. En février 2019, le livre, à l’état de maquette, est mis en ligne et proposé à la relecture. Toutes les pages du livres étaient ouvertes et chacun a pu contribuer là où il le souhaitait.

Sous la direction de Catherine Foliot et Greg Serikoff pour Codesign-it, ainsi que Manuel Zacklad pour le CNAM, le document partagé a évolué en live pour aboutir à sa version finale,  imprimée le 23 novembre dernier. 

Parmi les 277 contributeurs, on notera notamment l’effort exceptionnel de l’agence Ultragramme (Juliette Goiffon et Charles Beauté) qui a travaillé la structure visuelle et l’expérience de navigation proposée dans l’ouvrage; avec une forme qui sert le fond, pour en faire un ouvrage aussi beau qu’utile.

 

 

 

Manuel Zacklad, le regard du chercheur. Responsable académique du DipCo, (diplôme en innovation collaborative) et du programme de recherche « Observatoire des Labs », il est aussi professeur et directeur du laboratoire Dicen-IDF au CNAM. 

“ D’un point de vue socioéconomique, les Labs renvoient à ce bouleversement très large dans lequel nous nous trouvons : la fin du taylorisme et du fordisme. Les organisations publiques ou privées sont dans un contexte d’innovation intensive, et ont des dimensions servicielles très importantes qui doivent s’associer avec le foisonnement des applications numériques. La séparation entre la conception et l’exécution avec laquelle nous avons vécu pendant des années n’est plus tenable notamment dans les services à valeur ajoutée. Aujourd’hui les organisations cherchent à intégrer de manière plus organique ces deux fonctions. Elles demandent à de plus en plus de personnes de s’impliquer dans la conception. Elles s’interrogent sur la place à donner au numérique dans les innovations servicielles. 

Ce sont les enjeux que traversent la plupart des organisations publiques ou privées aujourd’hui. La conséquence est qu’il faut repenser des organisations du travail décentralisées et héritées du fordisme. Et les Labs relèvent d’une tendance à inciter une forme de réinvention transgressive de l’organisation. Historiquement, le mode projet avait été une première étape, mais il est aujourd’hui gangrené par un excès de processus, un excès de KPIs, et il a un peu perdu sa raison d’être initiale qui était d’être un apprentissage organisationnel tourné vers les clients. Aujourd’hui les gens vont dans le projet comme ils vont à l’usine. 

Les Labs et le mode Design prennent le relais de cet essoufflement. Dans les Labs, on a la synthèse du meilleur des courants managériaux des dix dernières années : des éléments d’apprentissage organisationnel, des éléments liés à la communication interpersonnelle et au coaching, au lean et à l’agilité, au design et à la créativité, au collaboratif.

Mais le phénomène des Labs est lui aussi menacé, car les entreprises adorent standardiser. C’est ce qui s’est passé avec le design thinking par exemple, qui est devenu comme une sorte de recette qu’on va pratiquer sans designer. Il faut montrer que le phénomène est vivant, qu’il évolue tout le temps, qu’il est basé sur des communautés d’acteurs qui se rencontrent et font des efforts de créativité au quotidien. ”

Le CGET représenté par Emmanuel Dupont a assuré au livre une existence physique, avec l’ambition de le diffuser dans les territoires en servant une communauté d’acteurs la plus large possible.

“ Nous sommes convaincus que les Labs ont un rôle à jouer dans la transformation de l’action publique et notamment sur les questions de territoires. Car ils permettent de s’affranchir des échelles pour anticiper le déploiement des politiques publiques et associer les parties prenantes. Ils favorisent l’articulation entre le niveau national et local. Ils sont également des outils et des dispositifs qui permettent de rassembler les acteurs et d’accompagner les projets d’innovation sociale au niveau des territoires (qui sont de très bons incubateurs pour ces projets sociaux). Enfin, les Labs portent une transformation des modes d’organisation et d’engagement dans le travail. Les ¾ des problèmes que nous avons à gérer dans les territoires sont générés par les modes d’organisation actuels. ”

Emmanuel Dupont, Responsable du pôle Stratégie de recherche et d’innovation à la CGET

Le livre est comme une boîte à outils. Il peut se lire de façon linéaire mais aussi en piochant dedans, car il est pensé par double pages. 

“ Le livre est relié sans reliure sur la tranche; c’est un détail auquel a pensé l’agence Ultragramme. On peut l’ouvrir complètement à plat sans l’abîmer. Il est donc photocopiable dans les meilleures conditions. Vous pouvez facilement les agrandir pour créer vos propres supports, canevas ou posters. ”

Catherine Foliot, membre de Codesign-it

“ C’est fou comme la reliure d’un livre peut parler des communs !! ”

Greg Serikoff, membre de Codesign-it

On se se repère aisément grâce au code couleur dans les marges, correspondant aux 4 « regards ». A tout moment, on sait qui parle : la communauté des acteurs de labs, un lab en particulier, les designers ou le chercheur.

Le livre cherche à couvrir exhaustivement tous les aspects d’un Lab, dans sa dimension systémique. Le sommaire est basé sur le modèle Lab Framework, qui montre toutes les composantes d’un Lab.

On retrouve comment faire correspondre ces composantes à l’intention des porteurs d’un Lab tout au long du livre, mais aussi dans les fiches de présentation de 17 Labs en fin d’ouvrage. « Ces fiches forment une photo de ces labs prise il y a quelques mois. » précise Greg Serikoff. “Tous ces dispositifs ont déjà évolué sensiblement, car les Labs évoluent très vite.”

277 contributeurs ont oeuvré pour ce Commun, et beaucoup d’autres sont encore attendus pour la suite. Déjà, en cette semaine de sortie, Les remarques, critiques, nouvelles contributions sont nombreuses et la communauté s’agrandit encore. 

La communauté est invitée à imaginer son avenir collectif, et commence déjà à proposer des pistes, au travers de thématiques et de modalités :

  • Comment structurer le réseau, s’identifier, se contacter ? 
  • Quelle visibilité externe pour le réseau ? Comment montrer l’utilité des labs ? 
  • Et si on créait un #labdeslabs sur les réseaux sociaux ?
  • Et si on se retrouvait sur certains sujets en plus petit comité ? 
  • Comment cracker des sujets d’éducation et de citoyenneté avec notre communauté ? 
  • Comment, au sein d’un Lab de territoire, initier des démarches aux financements à la fois publics et privés ? Quel serait le bon véhicule juridique pour cela ? 
  • Au vu de l’évolution si rapide des labs, comment poursuivre ces échanges plus régulièrement, au-delà du livre, en se rencontrant ? 
  • Comment dans une édition numéro 2 et à travers l’objet, montrer les évolutions et les changements apportés au livre ? Les anciennes et les nouvelles pages ? 
  • Comment le temps consacré à la communauté peut il à la fois servir la communauté mais également les problématiques de mon lab ? 
  • Comment aider une personne à répondre à sa problématique ? Par du co-développement  par exemple ? mais en se concentrant sur son sujet ? 
  • Comment arriver à construire des outils et des pratiques sur l’impact de l’innovation au-delà de nos organisations ? sur la société et l’environnement? 
  • Un syndicat des labs ? 
  • Comment les contributions au niveau de la recherche publique peuvent-elles s’arrimer  à la dynamique productive des Labs ? 

Le prochain rendez-vous de la communauté aura lieu en février 2020 avec le Lab des Labs #3 ! Une occasion pour approfondir ces propositions ? Si vous êtes acteur de Lab et souhaitez participer, contactez le collectif ! 

Si vous avez contribué au livre, un exemplaire imprimé vous est offert. Sinon, vous trouverez l’ouvrage en format digital et librement téléchargeable ici . Les achats en ligne du livre dans sa version papier seront aussi bientôt possibles.

Licence Creative Commons

Cette œuvre de Codesign-it! et Fanny de Font-Réaulx est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Le Lab des Labs en téléchargement libre http://codesign-it.com/2019/11/25/le-lab-des-labs-en-telechargement-libre/ http://codesign-it.com/2019/11/25/le-lab-des-labs-en-telechargement-libre/#respond Mon, 25 Nov 2019 20:18:06 +0000 http://codesign-it.com/?p=2628 Le livre  « Lab des Labs », qui rassemble les contributions de 277 acteurs de Labs d’innovation internes, est enfin sorti. En attendant de l’avoir en version imprimée, vous pouvez le télécharger ici :

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Rencontre avec des facilitateurs-makers : une préférence à passer par le faire ! http://codesign-it.com/2019/10/29/rencontre-avec-des-facilitateurs-makers-une-preference-a-passer-par-le-faire/ http://codesign-it.com/2019/10/29/rencontre-avec-des-facilitateurs-makers-une-preference-a-passer-par-le-faire/#respond Tue, 29 Oct 2019 13:38:18 +0000 http://codesign-it.com/?p=2583 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

Rencontre avec des facilitateurs-makers : une préférence à passer par le faire !


Cécile Roche-Boutin et Frédéric d’Incau sont membres de Codesign-it! Au sein du collectif on les appelle facilitateurs-makers ou prétotypeurs. Convaincus de la vertu à passer par le faire, ils proposent des approches manuelles, visuelles, qui rassemblent autour d’un langage qui fait appel à la forme plutôt qu’aux mots.
Je suis allée à leur rencontre pour qu’ils nous racontent.

Chez Codesign-it le maker a deux casquettes : soit il fait lui-même puisqu’il dispose des capacités manuelles nécessaires ; soit il met les participants dans une posture de faire, il est alors également facilitateur.

Le making dans le collectif cela peut être du coaching en prétotypage avec les outils YUGAMI : des «mini-kits» de prétotypage polyvalents permettant de réaliser un prototype de premier niveau des parcours utilisateurs, des applications, des lieux, des interactions, des concepts. Pour une formalisation accessible rapidement, avec une économie de moyens, dans son tout premier stade. Le prétotypage force ici à répondre à la question : à quoi ressemble cette idée, ce projet ?

“ On émet une hypothèse et pour pouvoir la tester on a besoin de fabriquer ensemble l’objet qui représentera cette hypothèse.”

La gamme YUGAMI se décline en 6 langages  que vous pouvez retrouver en détail ici !

“ Par exemple quand on fait une maquette d’espace, de quoi avons-nous besoin ? D’une échelle ! Donc le bonhomme doit être à l’échelle de la chaise. On facilite ici l’usage de la première représentation physique d’un espace. ”

“ Avant de produire une vidéo, on va inviter les participants à produire un storyboard afin de commencer à penser en plans, enchaînements de séquences, décors, voix off… ”

Le making au sein du collectif c’est aussi de la fabrication d’objets : créés comme supports de présentation, de réflexions ou d’interactions.

“ Si le sujet est la mobilité dans le 20ème arrondissement de Paris, on va fabriquer une maquette qui sera une représentation du quartier à l’échelle.”

Ici c’est le collectif lui même qui est représenté sous la forme d’une maquette :

Enfin, une partie de l’activité de maker-facilitateurs au sein du collectif comprend de l’accompagnement à la production et au test de prototypes. À la suite d’un atelier de prétotypage, les makers font appel à des designers (designers graphiques, designers d’espaces, UX designers, etc.) pour réaliser un livrable – une version plus élaborée de la maquette – qui sera ensuite testée en atelier par les makers et les utilisateurs finaux.

“ Une application digitale peut être prétotypée (prototype amont) en atelier collaboratif. En binôme avec des designers, nous allons réaliser un prototype cliquable, qui pourra être testé par l’équipe projet en interaction directe avec les utilisateurs. ”

Le prétotypage permet de changer de point de vue, mais aussi de développer un langage commun. Il y a quelque chose d’universel dans la parole, mais les mots manquent parfois d’univocité. Comment être sûr que nous posons les mêmes définitions derrière les mots que nous utilisons à ce moment précis de notre discussion ?

“ Le langage formel permet de lever des ambiguïtés, il tangibilise, rationalise, pose une base plus commune de discussion. L’effort de prétotypage permet de fixer temporairement les choses. Il oblige à la précision et offre une représentation commune, figée, mais manipulable et itérable. ”

Passer par le faire permet également de redistribuer les cartes de la collaboration. Ce n’est pas forcément celui qui dit qui compte mais plutôt celui qui fait !

Enfin, prétotyper c’est aussi une façon de tester : en faisant exister concrètement les projets, le prétotypage permet de les éprouver, de voir et d’accepter très simplement qu’on peut se tromper.

“ On peut toujours surfer sur l’idée de la bonne idée… Le prétotypage est une mise à l’épreuve du réel. Avec, en plus, la possibilité de rassembler autour d’un même objet tous ceux qui vont être à un moment ou un autre confrontés au projet. […] C’est didactique, engageant. C’est une capacité à simplifier et rendre visuelles des choses complexes. ”

Pour Cécile et Frédéric, nous devons donner davantage de crédit au passage par la forme comme point d’entrée direct de réflexions stratégiques.

“ Peut-être qu’aujourd’hui on ne se l’autorise pas assez. Derrière le mot design il y a des enjeux de fond et de forme ; mais la forme arrive souvent dans un second temps, après la stratégie. Avec le prétotypage, on invite à penser à la forme dès le début du projet, et pas seulement à un moment dans le projet. On se donne alors la possibilité de voir autrement, et donc de voir d’autres choses. ”

Dans les organisations le curseur est souvent assez éloigné du « faire » . On a parfois du mal à s’émanciper des codes préconçus, de nos façons de travailler ; à s’éloigner de nos feuilles de papiers, de nos ordinateurs et de nos mots. Il y a pourtant tant d’autres façons de penser et de communiquer. Avec le prétotypage on mobilise ses mains et sa tête en même temps ; et le résultat est souvent très immédiat.

Voici un exemple de projet réalisé par les prétotypeurs de Codesign-it dans le LAB d’Air Liquide France Industrie (ALFI) : 
En janvier 2017 le constat de départ chez ALFI est que le besoin des collaborateurs en formation Soft Skills n’est pas satisfait. L’intuition est alors double :

  • La direction de la Formation d’ALFI doit proposer des contenus régulièrement, et au delà des besoins exprimés des collaborateurs.
  • Le prétotypage doit être intégré dès le début du projet. Cela pas seulement pour une expérience “sympa” de bricolage mais surtout pour obtenir un résultat tangible et aligné avec les besoins des collaborateurs.

Le projet est alors monté en partenariat avec une école de code (la Wild Code School) et un UX designer & designer graphique (Charles Beauté).

En atelier, une plateforme digitale est prétotypée. Dans un second temps, les étudiants développeurs créent la plateforme en hackathon (48H non stop). Tout d’un coup la proposition de valeur existe !

A la suite de ce hackathon, une équipe de développeurs et designers ont créé une première version du site, en mode agile : lors d’un sprint de 10 semaines avec des temps de tests et de résidence au sein de l’équipe porteuse du projet chez ALFI.

“ On a eu un premier prototype, et cela grâce à un temps de conception collaboratif ; ce qui a généré beaucoup de fierté au sein des équipes. Il y avait quelque chose à montrer, une proposition de valeur consolidée au bout de seulement 3 mois de projet. Cela a également été un argument pour convaincre la Direction des Ressources Humaines de lancer le développement d’un prototype fonctionnel avec comme objectif de le tester pendant 2 ans.”

Le test a rapidement fait ses preuves et de manière anticipée un transfert du prototype vers les serveurs définitifs a été opéré. Le processus a été accéléré.

Pour conclure, Cécile et Frédéric s’accordent pour dire que : sans jamais perdre de vue les enjeux d’un projet, le making est une façon de se reconnecter à son corps. Et est une réponse possible au besoin d’intégrer davantage de plaisir, d’épanouissement et de sens à nos pratiques, et dans nos métiers.

“ Ce qui nous plait à la fin d’une semaine c’est de nous dire que nous avons mobilisé autant nos têtes que nos mains. Et c’est ce que nous aimons aussi faire vivre aux personnes avec qui nous travaillons. ”

Licence Creative Commons

Cette œuvre de Codesign-it! et Fanny de Font-Réaulx est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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La journée des métier de Codesign-it ! La pluridisciplinarité dans un collectif ça se cultive ! http://codesign-it.com/2019/09/10/2550/ http://codesign-it.com/2019/09/10/2550/#respond Tue, 10 Sep 2019 09:30:52 +0000 http://codesign-it.com/?p=2550 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

La journée des métiers de Codesign-it !

La pluridisciplinarité dans un collectif

ça se cultive !


C’était une première ! Le 14 juin dernier s’est tenue la Journée des métiers du collectif Codesign-it! 

Entre 2014 – année de création du collectif – et aujourd’hui ils sont passés de 8 membres fondateurs à 44 membres, 38 partenaires, et plus de 200 clients. 

Une des convictions du collectif est que la pluridisciplinarité des personnes qui le composent est une de ses plus grandes richesses. Mais comment s’engager dans un collectif en étant indépendant ? Comment véritablement se rencontrer professionnellement si ce n’est lors d’un projet ? Une question qui se pose d’autant plus quand le collectif est nombreux. Comment éviter les silos ou les regroupements par genre, et mieux travailler ensemble ? Ou tout simplement comment savoir qui fait quoi dans le collectif ? 

Michel Clavel et Julie Crédou, membres de Codesign-it, ont eu l’idée d’organiser une Journée des métiers : une journée collaborative consacrée à la découverte des personnes, des talents et des métiers de ceux qui composent le collectif mais aussi qui gravitent autour de lui. Parce que la pluridisciplinarité du collectif et des personnes qui le font vivre, ses membres ont à coeur de la cultiver, et avec soin.

“ Cette journée est une occasion de se rencontrer ; entre membres, partenaires et amis du collectif. Nous voulons donner une vision du collectif dans son entièreté, et mettre en avant ses différents métiers. C’est aussi un temps où l’on peut réfléchir à l’avenir, à la construction de nos métiers de demain et à de nouvelles approches pour répondre aux problématiques de nos clients. ”

Michel Clavel, membre de Codesign-it

“ C’est une journée vitale pour le collectif. Certains métiers ne sont pas assez connus et trop peu exploités dans les projets. La journée permettra de recréer des connexions entre des métiers plus centraux et des métiers plus périphériques et de créer des nouvelles perspectives d’interactions entre tous. ”

Matteo Gozzi, membre du collectif

Au moment de la préparation de la journée, les attentes sont fortes. Les doutes existent, non seulement car c’est une première édition mais parce que la réussite de la journée dépend de l’investissement bénévole des membres, partenaires et amis du collectif en tant qu’intervenants et participants à la journée. 

Elle se veut d’ailleurs la plus collaborative possible ! Il y a donc eu : 3 salles pour potentiellement 3 ateliers d’une heure en parallèle ; 5 ateliers proposés dans chaque salle ; soit au total une quinzaine d’interventions dans la journée. 

Le 14 juin dernier 40 personnes se sont présentées au 10CO, lieu de rassemblement parisien du collectif. 

“ Nous avons mis en place un duplex et de la visioconférence. Cela a bien fonctionné ! Certains étaient présents à distance depuis Lyon, Toulouse, les Pays-Bas, l’Angleterre et la Suisse. ”

Julie Crédou, membre du collectif 

Les ateliers proposés sont très variés. On y partage des initiatives du collectif (le projet Minimum : l’équipement mobilier minimum pour collaborer un maximum), on teste des idées encore à un stade très embryonnaire (le Facilitateur Vidéaste pour la montée en compétences des collaborateurs, Facilitation graffiti, etc.), on présente certains métiers pour mieux les comprendre et mieux les intégrer aux projets  (la Facilitation graphique, techniques créatives sensibles), on expérimente (le design d’expériences sensibles), on brainstorme sur le Visual management. Il y avait même un atelier surprise ! 

Une possibilité pour chacun donc, de créer son parcours individuel tout au long de la journée. 

Ils témoignent : 

“ Pour la matinée, j’ai choisi des ateliers très “visuels” : 

  • Les enjeux de la facilitation graphique : où et quand les intégrer dans la discussion avec nos clients, avec Viviana Gozzi, Laure Villemaine et Nicolas Caruso
  • Le Visual management avec Greg Serikoff
  • Le Visual leadership avec Antonio Meza

Une journée comme celle-là décloisonne les métiers. Je me suis rendu compte qu’un facilitateur graphique était aussi un facilitateur. Pas seulement un facilitateur graphique. On les limite parfois à cette unique compétence. J’ai compris comment parler de la facilitation graphique et je serai plus à l’aise pour l’intégrer et valoriser sa pertinence dans mes projets.

Avec Antonio, nous avons beaucoup travaillé. Il nous a fait réfléchir à une de ses idées. On a beaucoup produit. Et quand on produit, on apprend !

Je ne savais pas ce que j’allais voir pendant la journée et je me suis laissé surprendre. D’ailleurs je suis allée à l’atelier surprise de l’après-midi. C’était sur le panache ! J’ai apprécié le format de cet atelier avec un temps de discussion à deux. 

Cette journée m’a amenée vers d’autres façons de penser. J’aurais voulu voir encore plus d’ateliers. Je pensais partir à l’heure du déjeuner et finalement je suis restée jusqu’à la fin de la journée ! ”

Pénélope Baudoin Arkilovitch, amie de Codesign-it 

“ Une journée comme celle-là me rallie et me relie au collectif. J’ai participé à l’atelier sur les Techniques créatives sensibles présenté par Isabelle. Nous avons pris le temps ensemble de faire émerger ce que c’est, comment ça marche et à quoi ça sert. C’est penser davantage à la dimension corporelle et sensorielle (plutôt qu’à la dimension conceptuelle et cérébrale) qu’on va mettre en place dans une session et qui va concourir à amorcer une transformation. Non seulement cela nous intéresse, mais en plus cela ne demande pas forcément beaucoup de moyens pour faire des choses intéressantes.  Peut-être que nous nous mettons trop de limites au moment du design de nos sessions. Peut-être que nos sponsors ont plus d’appétit pour l’expérience sensible que nous l’imaginons. ”

Brice de Margerie, membre de Codesign-it!

“ C’était très inspirant. On était dans un partage de vision qui a fait émerger l’envie commune de créer une nouvelle offre. On s’est aligné sur la valeur ajoutée de cette dimension d’expérience sensible. Il y a maintenant un groupe de travail. Ce n’est vraiment pas ma zone de confort habituelle, mais j’ai quand même envie d’avancer avec le groupe. ”

Aliénor de Monredon, membre de Codesign-it!

Pour certains intervenants cette journée a été l’opportunité de tester une idée. C’est le cas d’Antonio par exemple dans son atelier Visual Leadership. 

“ La Journée des métiers a été l’occasion pour moi d’un miniLAB autour d’un sujet qui me tient à coeur, et que j’ai en tête depuis quelques mois. J’ai pu le tester et avoir un feedback émotionnel des participants. Je me suis engagé pour cet atelier et j’ai beaucoup reçu. ”

Antonio Meza, partenaire de Codesign-it

Rémi Sabouraud dans son atelier surprise sur le panache a cité les mots inspirants d’Edmond Rostand : 

« Le panache, n’est pas la grandeur mais quelque chose qui s’ajoute à la grandeur, et qui bouge au-dessus d’elle. C’est quelque chose de voltigeant, d’excessif – et d’un peu frisé […], le panache c’est l’esprit de bravoure. […] Plaisanter en face du danger c’est la suprême politesse, un délicat refus de se prendre au tragique ; le panache est alors la pudeur de l’héroïsme, comme un sourire par lequel on s’excuse d’être sublime […] »

Il fallait un peu de panache pour le faire et la Journée des métiers a été une réussite. Sous l’orchestration bienveillante de Michel et Julie, cette journée témoigne de ce qu’est le collectif : une communauté pleine de diversité mais aussi de solidarité. Les initiatives sont lancées et nous avons hâte de voir comment elles se concrétiseront. 

“ La Journée des métiers du 14 juin était un prototype. On a créé un moment qui n’existait pas. J’ai été très nourri par le contenu, par l’engagement  et par la qualité des relations pendant toute la journée. On avait une idée, on l’a concrétisée, et aujourd’hui elle paraît évidente. ”

Michel Clavel, membre de Codesign-it

La Journée des métiers du 14/06 était un peu comme une fête. On y a travaillé mais c’était également un moment de célébration du groupe. 

“ Une journée comme celle-là, ça densifie et accélère les connexions. ”

Greg Serikoff, membre de Codesign-it

“ On connaît a priori la diversité des personnes qui composent le collectif mais la Journée des métiers est une occasion de le vivre. C’est un moment de générosité qui recharge les batteries. Je suis plus chargé que quand je suis arrivé. ”

Antonio Meza, partenaire de Codesign-it

Alors vivement la prochaine édition ! Pour laquelle il y aura sûrement : encore plus de diversité dans les ateliers proposés ; des rencontres entre les intervenants pour permettre encore plus de résonances le jour J ; un speed-dating pour des rencontres en one-to-one ; et encore plus d’ouverture avec la participation de clients et peut-être même des co-opétiteurs !! 

Scribe de la Journée des métiers par Brendan Backmann / Kay One, facilitateur graphique, ami du collectif le 14/06, devenu depuis partenaire.

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Cercle Écologie – Oui aux réunions pour produire ! http://codesign-it.com/2019/06/17/cercle-ecologie-oui-aux-reunions-pour-produire/ http://codesign-it.com/2019/06/17/cercle-ecologie-oui-aux-reunions-pour-produire/#respond Mon, 17 Jun 2019 10:00:09 +0000 http://codesign-it.com/?p=2505 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

Cercle Écologie – Oui aux réunions pour produire !


Une fois par mois, les membres du Cercle Écologie – un des cercles de gouvernance du collectif Codesign-it – se réunissent pour une demi-journée dédiée à la production.

« On note ce qu’on a envie ou besoin de faire. On décide ce qu’on fait, on le fait tous ensemble, en groupe restreint ou individuellement. Notre objectif c’est de produire. »

Michel Clavel – membre du Cercle Écologie.

L’unique condition pour que cela marche, c’est de « prendre du temps pour faire ensemble » physiquement de préférence mais aussi à distance.

A cette réunion Michel Clavel et Carine Garet-Ramé étaient présents au 10CO (lieu de rassemblement parisien de Codesign-it) ainsi que Nadège Lossouarn au bout du fil et depuis Toulouse où se trouve une partie du collectif.

« On s’applique ce qu’on propose à nos clients : du collaboratif. »

Carine Garet-Ramé – membre du Cercle Écologie.

Pour rappel, Codesign-it a choisi de s’inspirer de la Sociocratie pour mettre en place une gouvernance distribuée. Un des principes fondateurs de la Sociocratie est que la gouvernance est répartie en cercles, dont un central mais aucun supérieur à un autre. Chez Codesign-it il y a six cercles. Une des particularités de ces cercles est que chacun d’eux définit son propre champ d’action et ses modes de fonctionnement.

Le Cercle Écologie existe depuis mi-décembre 2017 au sein du collectif. Après un démarrage « difficile », il se met réellement en marche 10 mois après, en octobre 2018. Très “coach” au départ, il est devenu plus hybride, plus divers dans sa composition et dans ses actions.

« Nous étions beaucoup dans la définition de notre périmètre, trop dans des réflexions conceptuelles, et pas assez dans l’action. D’ailleurs on entendait dans le collectif que le Cercle Écologie ne servait pas à grand-chose. Cela nous a fait réagir… En mars 2018 on a commencé à bouger, et en octobre, cela a été le moment de la réelle accélération. Aujourd’hui nous sommes vraiment un cercle actif. »

Michel Clavel et Carine Garet-Ramé – membres du Cercle Écologie.

Rappelons également que l’activité des membres dans les cercles n’est pas rémunérée. “Le collectif me fait vivre en me donnant des missions, donc je donne du temps au collectif.”

Lors du dernier rassemblement (SPRINT) de tous les membres du collectif en avril dernier, le Cercle Écologie comme dans une grande parade, a présenté l’ensemble de ses projets en cours ; et ils sont nombreux :

  • Le passeport résident : Carnet d’accueil à destination du résident.

  • Les Réponses minutes sur CODESIGN-IN TV : Une chaîne Youtube qui plonge à l’intérieur du fonctionnement du collectif. “Une question = une réponse claire et éclairante en 2 minutes maximum.”

  • Les attentifs anonymes : un dispositif mis en place pour permettre davantage d’attention et de lien entre les membres et les résidents. Tous les 6 mois, chaque personne se voit attribuer, en secret,  le nom d’une personne et une invitation à lui porter une attention particulière. L’objectif est de développer l’égard. Il n’y a aucune obligation mais c’est une occasion de devenir comme un ange gardien pour quelqu’un. Pour la première édition chaque personne a reçu une carte à gratter. Pour la deuxième édition, il fallait mettre l’invitation au congélateur pour faire apparaître le nom secret !

  • Les cercles de parole : des rendez-vous de discussion libre, parfois proposés en soutien des instructions sur Loomio (outil d’aide à la décision du collectif), lorsque celles ci suscitent des avis très tranchés. L’oral est alors un complément nécessaire à l’écrit.
  • L’enquête partenaires : une analyse des relations qu’entretiennent les partenaires avec le collectif.
  • La Journée des métiers du 14 juin 2019 ! Une initiative qui naît d’un constat (notamment grâce à l’enquête sur les partenaires) : “ nous avons besoin de nous rencontrer entre membres, partenaires et même clients pour parler ce que nous faisons.” Aujourd’hui aucun rituel de ce type n’existe et certains métiers périphériques peuvent se sentir à l’écart. A l’image de cette journée, le Cercle Écologie est là pour créer du lien entre les personnes qui composent le collectif.
  • Les questions du vendredi : initiative portée par Julie Crédou, membre du cercle écologie. Chaque semaine une question est posée sur le groupe WhatsApp des membres et partenaires de Codesign-it! par exemple : « Un projet super cool, qui vous rend fier, et qui nous ressemble, c’est quoi ? »

A ce jour, le cercle Écologie et ses 11 membres – 9 femmes et 2 hommes ; le collectif compte 45 membres en tout – ont deux rituels :

  • Une demi-heure de call par semaine, davantage destinée à s’informer sur les avancés de chaque projet.
  • Une réunion de 3 heures une fois par mois pour produire.

Ce temps de production est là pour permettre de faire des choses utiles ; pour « cranter » et faire avancer concrètement les projets. On ajuste les modalités de travail à l’objectif visé, au début de chaque réunion. On se répartit ensuite les tâches et on décide de la modalité la plus adaptée pour les travailler (individuel, sous groupe ou grand groupe). 

Un des points forts de la dernière réunion production était celui de la Journée des métiers du 14 juin 2019 ! Pendant que Michel prépare l’invitation des membres à s’engager comme participants, visiteur, ou accompagnant un client pour cette journée ; Carine se lance dans l’analyse de l’enquête des partenaires. Les productions sont ensuite mises en commun ; chacun y apporte son point de vue critique et constructif.

Au moment de la définition de l’agenda de la réunion production Nadège propose que “ Le cercle écologie avec toute sa finesse, sa justesse et son humanité contribue au travers d’un regard au design du SPRINTSSOULET : rassemblement de tous les membres du collectif qui aura lieu à Toulouse cet été. ” Un moment est donc consacré par le groupe autour de l’organisation de ce temps fort pour le collectif.

Car en effet le Cercle Écologie prend le temps de réfléchir à plusieurs et d’apporter sa réflexion aux actions et décisions à prendre dans le collectif ; un peu comme le garant du soin porté à l’humain chez Codesign-it! Ces temps de production sont là pour ça !

« Le cercle Écologie c’est le cercle qui s’occupe des personnes. Ce serait un peu comme le service RH d’une entreprise. Il prend soin de l’individu mais aussi de l’écosystème de Codesign-it, du collectif dans sa dimension personnelle. »

Michel Clavel et Carine Garet-Ramé – membres du Cercle Écologie.

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Cette œuvre de Codesign-it! et Fanny de Font-Réaulx est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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L’engagement commencerait-il par le corps ? Histoire d’un bodystorming au Square d’Arkéa ! http://codesign-it.com/2019/05/23/lengagement-commencerait-il-par-le-corps-histoire-dun-bodystorming-au-square-darkea/ http://codesign-it.com/2019/05/23/lengagement-commencerait-il-par-le-corps-histoire-dun-bodystorming-au-square-darkea/#respond Thu, 23 May 2019 09:14:12 +0000 http://codesign-it.com/?p=2473 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

L’engagement commencerait-il par le corps ?
Histoire d’un bodystorming au Square d’Arkéa !


Penser avec son corps plutôt qu’avec son cerveau ! Le brainstorming avec le corps permet l’expérimentation avec empathie, la recherche d’idées et le prototypage. Souvent utilisé dans une posture User eXperience (en se mettant à la place du client), il est également un outil de travail collaboratif, favorisant l’engagement et la génération d’idées.

C’est l’expérience qu’en ont fait les cent participants aux Square Days du Lab d’Arkea en janvier dernier.

Le Square, c’est le lab d’innovation d’Arkea : une équipe dédiée de 6 personnes et une communauté de presque 200 bénévoles salariés de l’entreprise, qui souhaitent s’engager dans les projets d’expérimentation et d’innovation collaborative du groupe.

Le lab ayant été créé il y a trois ans, il a été décidé d’organiser un temps de rencontre pour la communauté en ce début d’année 2019 : les Square Days. Catherine Foliot, membre de Codesign-it a accompagné le Square dans le design de ce séminaire.

Une séquence des Square Days a été confiée à Bénédicte Le Falher, consultante en risque opérationnel du Crédit Mutuel Arkéa depuis un an ; dans le groupe depuis une trentaine d’années et membre bénévole de la communauté du Square depuis 6 mois.

Son terrain de jeu pour les Square Days : 30-40 minutes pendant lesquelles elle a quartier libre sur le thème de l’engagement. Une occasion donc d’expérimenter !

Le public a choisi d’être présent à ces deux jours de séminaire, il est donc a priori ouvert à l’idée de l’expérimentation. Bénédicte quant à elle, est une femme qui aime oser, jouer et qui incarne avec force et enthousiasme l’idée de l’engagement aussi bien dans sa vie professionnelle que personnelle.

« L’engagement, pour moi, c’est viscéral. Je ne sais pas vivre sans m’engager. Je ne sais pas comment l’humanité peut avancer si on ne s’engage pas intellectuellement et physiquement dans ce à quoi on croit. »

« Le Square c’est une bulle, un terrain de jeu, mis en place pour explorer des axes de transformation, d’innovation bancaires et financières. C’est une structure à part pour explorer des pistes ou concepts en dehors des silos classiques. Au Square on réfléchit au monde de demain. »

« Dans ce parc de jeu, chacun a le droit d’y aller ou pas, d’ailleurs, tout le monde n’y va pas. Il y a différents jouets et on n’est pas obligé de tous les utiliser . On peut oser, se casser la figure et recommencer.”

« On m’a proposé de jouer, alors j’ai joué et on m’a laissé faire ! J’ai voulu faire vivre l’engagement avec surprise sans ré-intellectualiser l’expérience à son issue. »

Le sujet de l’engagement est tellement vaste. Il n’est pas évident de le traiter en si peu de temps. Comment le rendre le plus concret possible en une trentaine de minutes ?

« Je voulais du concret, du réel. Et je me suis souvenue d’une publicité All that we ShareDans ce laps de temps, je voulais secouer émotionnellement, faire bouger physiquement, qu’il y ait du lâcher prise par le mouvement. Le tout dans un climat positif, de bienveillance. J’ai voulu une expérience à la fois individuelle et collective. ».

L’engagement pendant cette séquence est donc physique et a pour objectif de faire vivre ce qu’est l’engagement dans l’action : « en faisant un pas ».

Bénédicte Le Falher a donc organisé une session de bodystorming sur l’engagement au sein du Square. Sa conviction est qu’on peut véritablement s’engager qu’à la condition de conserver toute son individualité. En rendant visible la diversité des engagements du groupe, et en particulier au Square dans ce cas précis, on peut véritablement choisir qui on est ou qui on a envie d’être au sein du collectif

« La majorité des membres de la communauté du lab est bénévole, dans le sens où elle choisit de son propre chef de s’engager ou non dans le lab d’Arkéa en plus de son activité professionnelle quotidienne. Le Square doit donc donner envie de s’engager dans le projet commun, tout en permettant à chacun de s’assumer et de choisir qui il a envie d’être au sein de cette communauté. »

Concrètement, comment s’est déroulée cette séquence de bodystorming ?

Au sol d’un côté de la salle il y a deux carrés oranges dessinés au gaffeur sur le sol : MOI / PAS MOI.

De l’autre côté, 4 autres espaces avec les inscriptions : CARTE / TEL / SMS / MAIL.

Bénédicte est le maître du jeu de la session et guide les 100 participants tout au long de l’expérience. Elle pose des questions et les participants y répondent en se déplaçant dans l’espace défini en fonction de leurs réponses.

Première question : « Nous sommes encore à la fin du mois de janvier, comment avez-vous fait vos vœux pour l’année 2019 ? Par téléphone, sms, mail, carte postale ? » Cette question simple a permis aux 100 personnes de se “ranger” dans les cases et donc d’intégrer l’espace de jeu qui allait s’ouvrir « Laissez-vous porter, faites-nous confiance. »

Pour installer les règles du jeu et embarquer en seulement quelques minutes, Bénédicte décide d’un coup de théâtre : noir complet dans la salle ! C’est alors que commence vraiment l’expérience.

Prologue : « Il est très facile de catégoriser les gens… Regardez à quelle vitesse vous êtes rentrés dans une case… On pourrait même y voir une forme de docilité ? … » (Silence dans la salle, personne ne bouge…) « Comment s’engager dans un collectif sans renier sa propre nature, ses propres convictions, sa particularité ? […] Nous avons un dénominateur commun ? […] Chacun de vous il y a 18 mois est arrivé au Square avec des idées, des ambitions, des bagages. Où en êtes-vous de vos rêves ? […] Nous pouvons rendre visible la diversité des engagements. Je vais donc vous faire des propositions et vous allez devoir choisir qui vous êtes… Vous n’avez pas à dire qui vous êtes mais à faire un choix. Les réponses possibles sont simples : moi ou pas moi. […] Ensemble ouvrons les yeux et jouons un peu. » Les lumières se rallument et la pièce commence !

Tous ont joué le jeu et les 40 minutes ont été comme un booster d’énergie.

Des propositions plus “personnelles” étaient destinées à appuyer le fait que chaque bénévole peut s’engager au Square sans perdre qui il est (introverti, extraverti, organisateur ou exécutant, etc.). On peut effectivement venir avec des compétences reconnues chez Arkéa ; mais on a également la possibilité de se confronter à d’autres domaines, d’apporter et de développer de nouvelles compétences pour le collectif.

  • « J’adore cuisiner sans suivre la recette. »
  • « Je suis plutôt l’organisateur des vacances. »
  • « Sur mes bulletins scolaires, il était souvent écrit : bavard, dissipé, clown. »
  • « Je chante régulièrement dans ma salle de bain ou voiture. »
  • « Je consulte mes mails / insta / tweets, tous les matins avant même de me lever. »

Ces questions plus “personnelles” ont été posées en alternance avec des propositions davantage axées sur le Square ; qui montrent l’engagement de certains dans le collectif, pour donner à ceux qui ont répondu « pas moi » l’envie de le faire à leur niveau.

  • « J’ai déjà entendu au moins une fois « Mais au Square, vous faîtes quoi finalement ? » »
  • « Je parle du Square en réunion d’équipe. »
  • « Au sein du Square, j’ai appris au moins une méthode ou acquis une nouvelle compétence. »
  • « J’ai déjà contacté de moi-même un membre du Square que je ne connaissais pas. »

A chaque question, succinctement et en fonction de ce qui se dévoile, Bénédicte rebondit, commente, creuse, repose si besoin des questions subsidiaires. Parfois elle fait répondre les participants en levant la main alors qu’ils sont déjà positionnés dans les cases, favorisant un nouveau geste, un autre mouvement. Parfois elle donne la parole pour expliquer le choix et ainsi apporter plus de sens à l’engagement

« Le bodystorming est une démarche individuelle et collective. On vit et on voit en même temps. On vit son propre engagement (où on se situe dans le Square en termes d’engagement) et on voit l’engagement du collectif. Le sujet était de rendre visible la diversité des engagements, le bodystorming a permis à tous de le visualiser, le ressentir. »

L’épilogue : une question à laquelle les participants ont répondu oralement « Alors pour vous, engagement ça rime avec quoi ? Quel écho, quelles résonances cela a-t-il en vous ? »

L’écho de l’engagement post Bodystorming – Square Days d’Arkéa – Janvier 2019 – Camille Ulrich

« Le bodystorming nous a permis de nous questionner avec le corps, de façon spontanée, moins réfléchie. Nous vivons dans un environnement (celui de l’entreprise) où les contacts physiques sont de moins en moins nombreux voire bannis, ce qui poussé à l’extrême nous éloigne les uns des autres. Le bodystorming est utilisable partout car il parle du rapport de l’individu au groupe ; et nous sommes en permanence dans cette situation. Quand on connaît le corps, quand on accepte aussi cette partie moins “cérébrale” de nous, nous devenons plus puissants, car plus complets tout simplement. »

Un grand merci à Bénédicte d’avoir fait une escale au 10CO – lieu de rassemblement parisien du collectif Codesign-it – et d’avoir partagé avec nous un moment de l’histoire du Square.

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LE DIPCO DE CODESIGN-IT : LE COLLABORATIF UN INDISPENSABLE DE LA FORMATION ! http://codesign-it.com/2019/05/14/le-dipco-de-codesign-it-le-collaboratif-un-indispensable-de-la-formation/ http://codesign-it.com/2019/05/14/le-dipco-de-codesign-it-le-collaboratif-un-indispensable-de-la-formation/#comments Tue, 14 May 2019 14:47:26 +0000 http://codesign-it.com/?p=2454 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

Le DIPCO de Codesign-it : le collaboratif, un indispensable de la formation !


Le DipCo, pour Diplôme Codesign, est le Certificat de Spécialisation Professionnelle de l’association Codesign-it en partenariat avec le CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) et le CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires). Une formation continue sur l’innovation et la transformation collaborative dans les organisations et les projets complexes. Avec une méthode : apprendre en questionnant, apprendre en faisant, apprendre en partageant.

Le DipCo c’est le pari que la constitution d’une communauté apprenante de professionnels va permettre à chaque participant de développer ses compétences de facilitation, et pour le collectif de grandir dans sa compréhension des enjeux de l’innovation collaborative.

En chiffres il représente :  50-60 participants par an, 140 heures de formation soit 10 sessions de 3 jours proposées par an, 5 et 7 de ces sessions choisies par le participant pour obtenir son diplôme. 120 diplômés depuis sa création en 2015.

Une communauté apprenante de professionnels.

Le DipCo est destiné à tous. En tous cas, à toutes les personnes pour qui la question du collaboratif et la mobilisation des parties prenantes dans la gestion de projets complexes, est un enjeu. Et cela, à condition que le projet personnel ou professionnel du participant soit une opportunité pour la mise en pratique des apprentissages vécus pendant la formation.

« L’objectif est de diffuser au plus grand nombre les enjeux et l’intérêt de l’innovation collaborative. Nous voulons créer un terrain de jeu pour les participants. En les responsabilisant. Il faut qu’ils aient une possibilité de mise en pratique dans leurs environnements respectifs, de test dans leurs écosystèmes. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Un soin particulier est apporté au recrutement des participants, notamment pour assurer la diversité des profils et l’existence d’un projet personnel d’application des apprentissages.

« C’est la diversité des participants (un indépendant, un fonctionnaire de l’administration publique, un start-uper, un salarié d’une grande entreprise, etc.) du diplôme qui permettra de mieux comprendre et cerner les sujets abordés. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Une collaboration entre membres du collectif, participants au diplôme et intervenants externes.

Les membres du collectif sont les facilitateurs de chaque session. De manière général en trinôme, ils préparent la session dont ils ont la charge.

« Pour les membres du collectif, enseigner c’est apprendre. Chaque session est orchestrée et facilitée par les membres de Codesign-it! Elle est une occasion de prise de recul et de réflexivité ! La session est toujours codesignée avec deux ou trois participants. Pour eux, c’est aussi une manière d’apprendre. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

En plus de ce trinôme chefs d’orchestre, des intervenants – internes ou externes au collectif – sont invités à participer pour apporter une autre « coloration », être source d’inspiration pour la session : un consultant sur la question des socio-styles, un spécialiste du gaming, une psychiatre Gestalt, etc.

En février dernier, Trinité Laroche (membre de Codesign-it) était la Lead designer de la session du DipCo : Dynamiques collectives et Documentation. J’ai été invitée à participer en tant que représentante de la documentation de l’expérimentation Codesign-it et au même titre que deux autres intervenants : AnaÏs Thevenot, journaliste, membre de l’association Nonamekitchen.org documentant les mouvements migratoires aux frontières d’Europe de l’Est ;  et Nicolas Caruso, facilitateur graphique.

L’intention principale de ce temps était celle de l’écoute active = « j’écoute pour retranscrire ; pour transmettre » et non pas « j’écoute pour entendre / j’écoute que pour moi »

Il y a eu 3 équipes  : chaque équipe va voir 2 speakers et sera en position de transmettre puis de recevoir un contenu transmis.

La session, designée avec les deux participantes au diplôme Cécile Ruf et Elodie Dantar, s’est donc déroulée de la façon suivante :

En abordant le sujet de la documentation les participants ont fait collectivement l’expérience de la documentation en tant que telle. Et en ce qui me concerne, ce temps a été particulièrement riche, car une possibilité de questionner et faire évoluer le sujet de la documentation de l’expérimentation Codesign-it!

Citations du DipCO Session de Février 2019 – Nico Wauquiez, membres de Codesign-it!

Expérimenter. Tester. Partager. Questionner.

Le DipCo n’est pas une simple formation à la facilitation. Il a vocation à proposer une approche innovante, interactive et performante pour accompagner les projets complexes dans les organisations. Il doit faciliter le travail collaboratif, l’émergence d’idées nouvelles pour leur concrétisation durable en actions et résultats.

« Il n’y a pas de hiérarchie, pas de prof pendant les sessions. La matière est toujours coproduite par les participants. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

L’objectif du diplôme est de co-construire avec les participants une dynamique d’apprentissage /sur et en/ intelligence collective. Les participants sont mis en situation d’acteurs : ils sont tous autonomes et responsables de rendre les plus riches possible ces temps d’apprentissages individuels et collectifs.

« Les sujets des sessions sont construits sur la base d’une « grille de pédagogie inversée » qui reprend tous les principes, modèles et méthodes identifiés comme fondamentaux sur des sujets d’innovation collaborative. Chaque session devra aborder une partie de ces fondamentaux mais le design des session les contenus et les échanges avec les intervenants sont évolutifs et non linéaires. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

On alterne donc entre des temps expérientiels, des temps d’inspiration, de questionnement, et des temps de partage entre les participants sur leurs expérimentations personnelles d’application de leur apprentissages (appelées XP).

« Les sessions sont forcément hors-sol par rapport au quotidien des participants tellement elles sont riches en contenu. L’XP, menée en parallèle par chaque participant est une Invitation à mettre en place, tester, se tester soi sur des sujets d’innovation collaborative, dans son quotidien ses interactions habituelles, son écosystème. La restitution peut être un point d’étape. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Pendant une XP, le participant va parler du problème qu’il a décidé de résoudre, des hypothèses qu’il a choisies pour répondre à ce problème, de la façon dont il a mobilisé les différentes parties prenantes et des différentes itérations, des ajustements nécessaires pour avancer.

« D’ailleurs certains récits d’échecs, et donc d’itérations, de reformulations d’hypothèses ont été extrêmement apprenants pour tous. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Les participants deviennent des ambassadeurs de l’innovation collaborative.

Le DipCo n’est pas une porte d’entrée dans le collectif Codesign-it! L’objectif est au contraire de diffuser au plus grand nombre.

« Avec le DipCo, nous avons l’ambition que les participants deviennent de bons sponsors de l’innovation collaborative, qu’ils acquièrent les bonnes postures et le bon vocabulaire pour incarner les démarches collaboratives d’innovation dans leurs environnements respectifs. »

Julie Credou, Membre du collectif Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Nicolas Détrie cofondateur de Yes We Camp – collectif à l’origine des Grands Voisins notamment – s’est d’ailleurs inspiré du modèle pédagogique du DipCo pour créer son Diplôme Universitaire « Mise en œuvre d’espaces communs » (ouverture pour l’été 2019) en partenariat avec Codesign-it, Ancoats, et l’Université Paris-Est-Marne-la-Vallée.

« Le DipCo est un levier pour servir la vision de Codesign-it! En donnant à voir tout ce qui peut se faire, les participants pourront piocher ou même créer eux même les démarches collaboratives qui leur conviendront le mieux. »

Julie Credou, Membre du collectif Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

On retrouve ici l’idée chère à Codesign-it du partage en Creative Communs :  la diffusion au plus grand nombre dans une logique toujours évolutive et apprenante pour tous.

Pour une présentation complète du DipCo c’est ici !

Licence Creative Commons

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Le biomimétisme : source d’innovation collaborative ! http://codesign-it.com/2019/03/20/le-biomimetisme-source-dinnovation-collaborative/ http://codesign-it.com/2019/03/20/le-biomimetisme-source-dinnovation-collaborative/#comments Wed, 20 Mar 2019 12:37:10 +0000 http://codesign-it.com/?p=2398 [...]]]>

Le biomimétisme : source d’innovation collaborative !


Le biomimétisme c’est regarder la nature pour comprendre, créer et innover en l’imitant.

S’adaptant en permanence et donc innovant toujours, la nature constitue une source d’inspiration inépuisable pour l’homme. De plus en plus étudié, le biomimétisme est d’autant plus intéressant qu’il prend en compte le fonctionnement « naturel » des choses. Il est d’ailleurs aujourd’hui considéré comme un facilitateur de la transformation durable.

Si on l’applique à l’innovation collaborative, il inspire notamment un modèle de design de sessions collaboratives : Patches and Nodes.

« Patches and Nodes est bien un modèle ; pas une méthodologie. Il donne un cadre de pensée là où une méthodologie va prescrire un process. D’ailleurs, le design de sessions d’intelligence collective est, d’une certaine façon, contradictoire avec les notions de process linéaires et installés. On pourrait même considérer une méthodologie comme une aliénation de l’innovation nécessaire à la pensée design. Patches and Nodes est une source d’inspiration pour penser l’intelligence collective, et laisse une très large marge de manœuvre dans la façon de l’utiliser. Ce modèle est sans équivalent dès lors qu’on designe des sessions d’innovation collaborative avec des groupes de plus de 50-60 personnes. »

Alain Biriotti – Membre de Codesign-it

Le modèle, développé dans le réseau MG Taylor, est utilisé régulièrement par le collectif Codesign-it dans son exercice de facilitation de la transformation auprès de ses clients.

Dans un design classique destiné à des situations simples ou des groupes de taille limitée, on imagine des temps de travaux en sous-groupes puis des restitutions, des partages d’informations ou des réactions en plénière. « Les plénières permettent la reprise de la vision d’ensemble par les participants et peuvent être un espace de progression de la discussion : pour faire réagir aux travaux par exemple. Plus on est nombreux plus il est difficile de faire ça. Le design de sessions d’innovation collaborative devient effectivement complexe quand il s’agit de travailler, réfléchir, produire ensemble à plus de 50 personnes. Il faut donc repenser les mécanismes d’intégrations des travaux entre les différents groupes. » On doit imaginer une mécanique qui crée du partage pour l’intégration progressive des travaux ; une mécanique qui peut faire basculer dans l’action par la découverte et l’appropriation active, le partage à différents niveaux.

C’est en étudiant le fonctionnement du cerveau humain qu’a été pensé Patches and Nodes.

« La technique d’intégration des travaux d’un grand groupe est fondée sur une analogie biologique avec le fonctionnement du cerveau. Le cerveau fonctionne par des connexions neuronales : des milliards de neurones et des milliards de milliards de connexions. Ces connexions ne s’organisent pas au hasard. Elles font émerger des « plaques » de neurones qui sont spécialisées sur une fonction du cerveau (sensorielle ou motrice par exemple), dans lesquelles les connexions sont denses et complexes. Ces « plaques » sont connectées à d’autres centres du cerveau par des neurones spécialisés qui font circuler l’information. Le modèle Patches and Nodes s’inspire de ce fonctionnement. »

Si on le transpose dans le design de sessions d’innovation collaborative :

  • Les Patches sont des petits groupes persistants rassemblant quelques participants, ce qui forme des nœuds de coopération qui vont prendre en charge un pan de la réflexion, un fragment du problème, et travailler dessus. Dans les Patches, la consigne est la suivante : produire du contenu optimisé au service du collectif, « le Patch Product », et se poser régulièrement la question de la valeur ajoutée de son patch pour le collectif, au regard des compétences et spécificités de cette équipe. La spécialisation des Patches est fonction des contextes et peut jouer sur plusieurs variables : les patches sont-ils constitués d’avance ou peuvent-ils émerger du processus d’intelligence collective ? Ont-ils un sujet prédéfini ou à définir ? Leur composition est-elle structurée ou pas ? Cette composition peut-elle évoluer dans le temps ?

« Dans une logique orientée production par exemple, on peut définir les sujets des Patches, constituer un noyau dans chaque Patch mais laisser de la latitude pour enrichir les équipes. Ou alors composer les équipes mais les laisser choisir les sujets qu’elles voudraient travailler tout en organisant une discussion plus générale pour s’assurer que tous les sujets sont traités. Dans une logique plus émergente, les Patches ne sont pas préconstitués ni en définition des sujets à traiter ni en composition et doivent naître du processus d’intelligence collective. »

  • Les Nodes sont des individus qui entretiennent des connexions régulières avec d’autres individus d’autres Patches. Ces connexions créent un tissu de connectivité. Elles ne sont pas actionnées sur un mode dirigé mais simplement activées régulièrement, ou même de manière informelle, pour provoquer des discussions. Elles se font de manière bilatérale ou en groupe de 3-4 personnes et ont pour objectif de partager les éléments les plus marquants de l’expérience vécue, des idées ou des concepts ; pour que chaque Node puisse alors revenir vers son Patch avec de nouveaux éclairages et apprentissages, et ainsi faire progresser son Patch Product.

L’ingénierie de la session se construit avec une alternance de temps en Patch, de temps d’élaboration de contenus ou de solutions en équipes brassées, et de temps de Noding. Le réseau permet que l’information circule entre les Patches. Ce n’est pas la quantité mais plutôt la qualité des connexions inter ou intra-patches qui seront les garants de leur réussite. On mesure donc davantage l’efficacité d’un système à l’efficacité des connexions qui le constituent plutôt qu’à celle de ses groupes de travail en tant que tels.

Les trois règles d’or pour assurer le succès du modèle sont :

  1. Transmets / partage ce que tu as : ce que tu apprends, ce qui te surprend, les résultats de tes travaux.
  2. Utilise tout ce que tu reçois : pour optimiser ou tester de nouvelles choses.
  3. Optimise ton patch : l’équipe et chacun des membres de l’équipe doit se sentir pleinement responsable du fait que le patch apporte le maximum (en productivité, en épanouissement de chacun et en pertinence) à l’effort collectif. La réflexivité est un point clé : « En quoi ce que nous faisons est bien pour le collectif ? Sommes-nous organisés pour donner le meilleur de nous-mêmes ? Sommes-nous sur le bon sujet ? Sommes-nous bien connectés dans l’écosystème pour que ce qu’on fait soit bien utilisé par le collectif ? Doit-on modifier la composition de notre patch ? »

Grâce au biomimétisme donc, et au modèle à Patches and Nodes « nous avons pu faire des sessions d’innovation collaborative rassemblant jusqu’à 700 personnes ! »

Le biomimétisme nous rappelle en tous cas que l’observation et l’étude de la nature – plutôt que la volonté de la supplanter ou de la dominer – est une source d’inspiration infinie, et participe à la conception de solutions innovantes, respectueuses des environnements et des écosystèmes, et répondant à des objectifs de développement durable*.

*Source : www.sciencepost.fr Biomimétisme : c’est quoi ? Ce domaine changera notre vie dans les années à venir ! Maximilien LLorca – rédacteur scientifique. « D’après le CEEBIOS (Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis) le biomimétisme peut répondre à 9 des 17 objectifs mondiaux du développement durable définis par l’ONU »

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Faut-il un numerus clausus ?


« Devrions-nous être 50 membres ? Plus ? Moins ? Combien ? Pourquoi ? » c’est le débat lancé dans le collectif Codesign-it début janvier 2019.

La semaine dernière, les membres du collectif ont voté. Le scénario qui l’emporte est le suivant : « Décider chaque année d’une mise à jour du numerus clausus, +5 -5 ou flat. Et pour 2019, numerus clausus maintenu à 50 (flat) ».

Pourquoi cette question du nombre chez Codesign-it ? Et comment les membres sont-ils arrivés à cette décision ?

« A la fondation du collectif, l’une des intentions était de « S’avoir sous la main », de pouvoir se retrouver ailleurs que sur les projets des uns et des autres ou dans les cafés.
Par ailleurs, nous voulions être un collectif accueillant, hybrider nos profils et nos savoir-faire au gré des rencontres. On s’était fixé une limite à cinquante membres. A l’époque c’était intuitif ou théorique, et peu à peu le collectif a grandi et la question du numerus clausus est devenue plus tangible. »

Nico Wauquiez – Membre fondateur de Codesign-it

En effet le collectif a grandi assez vite. Ils étaient huit membres fondateurs, et aujourd’hui le collectif compte (au 18 février 2019) 46 membres, 32 partenaires et 2 résidents.

  • Les membres (en vert) portent ensemble les projets labellisés par le collectif, ils s’impliquent dans la mise en œuvre d’une gouvernance distribuée et dans la transmission en mode creative commons (CC BY SA).
  • Les partenaires (en orange) contribuent à la conduite des projets labellisés, sans pour autant s’engager dans la vie interne (vie collective, gouvernance et transmission).
  • Les résidents (en jaune) sont invités pour une période de six mois maximum qui doit permettre de faire connaissance, d’expérimenter la vie du collectif et de voir si ça fait des étincelles. A l’issue de la résidence, ils peuvent devenir membre ou partenaire.

En ce début d’année 2019, on approche les cinquante membres ; et la question du nombre traine dans les couloirs du 10CO – nom donné aux locaux du collectif.
Le débat existe et mérite d’être partagé entre tous. Chez Codesign-it la gouvernance est distribuée, et s’inspire de la sociocratie. Voilà comment ça se passe :

  • Une discussion est lancée sur une plateforme numérique de décision collaborative (Loomio)
  • Chacun peut donner son point de vue sur la problématique
  • Lorsqu’on estime que l’instruction a été suffisamment riche, une proposition de décision est formulée
  • Tous peuvent se positionner, et « Qui ne dit mot consent »
  • Si la décision empêche qqn de fonctionner, alors il formule une objection, qui doit être importante et raisonnable, et peut amener à la formulation d’une nouvelle proposition.
  • Si personne ne s’oppose (pas d’objection), la proposition est validée.

La problématique du numerus clausus est la suivante et c’est celle qui est posée aux membres de Codesign-it sur LOOMIO :
« Si l’on fixe une limite au nombre de membres, selon vous,

  • Qu’est-ce qui se joue pour notre collectif ?
  • Quelles opportunités tentons-nous de faire advenir ?
  • Quels risques tentons-nous d’éviter ?

Vous avez un avis, une idée, une intuition, partagez et rebondissez ! »

Sur Loomio, les discussions vont bon train. Les membres de Codesign-it discutent avec intérêt, enthousiasme et engagement, et la réflexion progresse. Pour preuve quelques commentaires partagés sur le fil de discussion :

« Jusqu’à quand faisons-nous société ? On ne fait pas société avec tout le monde mais en groupes plus retreints qui vivent en parallèle et se croisent. Notamment dans des petits groupes de 3-4 assemblés autour d’initiatives ou de projets »

« Plus on est, plus nous réussirons à rassembler et à faire vivre notre communauté de pratiques, de veille, d’entraide et d’échange. »

« Si on grandit, quelles contraintes – défis – à relever ? Comment continuer à se professionnaliser ? Quelle différence ferons-nous entre les partenaires et membres ? »

« Peur de perdre en agilité, ne plus avoir le temps de capter ce qui se passe ailleurs… de devenir has been. »

« Fixer un pallier au nombre de membres, c’est prendre le risque du circuit fermé, de la porte verrouillée et de la consanguinité ? »

« Ne pas fixer de pallier au nombre de membres c’est prendre des risques sur : le fonctionnement sociocratique (à quoi ressemble une élection sans candidat à 100 ? un cercle à 25 ?), la cohésion du groupe (aujourd’hui chacun connaît peu ou prou chacun, et cette proximité personnelle favorise le dialogue direct et la transparence entre nous, elle nous épargne le lobbying et la politique), la dilution de la responsabilité (à 50 je suis dans une taille de groupe où je vois l’impact de mes contributions pour le collectif, où je sais qu’on compte sur moi et où, d’une certaine façon, je suis observé. A 200, je peux me dire que ce n’est pas trop grave de ne pas pouvoir participer à l’effort commun, puisque beaucoup d’autres pourront le faire)… »

[…]

Un mois après le lancement du débat, une équipe se charge de reprendre l’ensemble des échanges pour établir des scénarios et formuler la proposition ci-dessous.

« Pour construire cette proposition, nous avons relu l’intégralité des commentaires et discuté, en essayant d’une part de faire ressortir les thématiques principales, et d’autre part de positionner les arguments sur les différents scénarios qui semblaient se dessiner.

Parmi les cinq scénarios proposés c’est le scénario C qui est proposé au Vote.

  • Scénario A : vingt membres de moins (numerus clausus à 30 membres)
  • Scénario B : maintien du numerus clausus de 50 membres
  • Scénario C : décider chaque année d’une mise à jour du numerus clausus, +5 -5 ou flat
  • Scénario D : + 30 membres (numerus clausus à 80 membres)
  • Scénario E : pas de numerus clausus : il n’y a pas de limite au nombre de membres.

Et donc pour 2019 : le maintien à 50 du numerus clausus.
Un numerus clausus évolutif chaque année qui suivra les grands principes suivants :

  • Encourager l’engagement des membres dans trois niveaux :
    • Exigence professionnelle dans les comportements et les pratiques,
    • Implication dans la gouvernance et la vie du collectif,
    • Transmission des pratiques jusqu’aux communs
  • S’appuyer sur toutes les formes de partenariats et par conséquent prendre soin des partenaires
  • Maîtriser la charge de fonctionnement du collectif
  • Soigner l’accueil et l’intégration des membres du collectif
  • Renforcer ou maintenir notre positionnement sur le marché (lisibilité de l’offre et des talents, réinvention des pratiques…)
  • Avancer et cranter sur les sujets internes tout en s’assurant de l’implication du plus grand nombre. »

Ce scénario et cette décision pour 2019 ont été validés par consentement, avec 40 réponses, toutes favorables. Ce qui potentiellement pourrait poser question face aux nombreux débats et questionnements soulevés par le sujet !? Pour cette instruction, tous les avis et les réflexions de chacun ont le mérite d’avoir été partagés, consolidés et retranscrits en une proposition de décision. C’est donc la volonté d’avancer en équipe qui l’emporte finalement.

 

Licence Creative Commons

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70 acteurs de labs d’innovation collaborative font équipe pour la création d’un Commun ! http://codesign-it.com/2019/02/07/70-acteurs-de-labs-dinnovation-collaborative-font-equipe-pour-la-creation-dun-commun/ http://codesign-it.com/2019/02/07/70-acteurs-de-labs-dinnovation-collaborative-font-equipe-pour-la-creation-dun-commun/#respond Thu, 07 Feb 2019 12:31:03 +0000 http://codesign-it.com/?p=2292 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

70 acteurs de labs d’innovation collaborative font équipe pour la création d’un Commun !


Codesign-it accompagne les entreprises dans la création et la vie de labs d’innovation collaborative. En 2017, le collectif a pris l’initiative d’organiser le “lab des labs” : une journée collaborative, rassemblant dans ses locaux à Paris des acteurs engagés de labs tant publics que privés.

La première édition 2017 avait été l’occasion d’identifier la singularité de l’impact des labs, de leurs trésors et de leurs challenges.  Le 13 décembre 2018, pour la deuxième édition du “lab des labs”, 70 acteurs ont répondu présents et un nouveau challenge s’est imposé : celui d’écrire un livre, un livre sur les pratiques et enjeux des labs d’innovation collaborative, dont ils seront les co-auteurs et diffusé au plus grand nombre dans une logique chère à Codesign-it : celle de la transparence et du partage, de l’open source et des Creative Communs.

Définition d’un lab :  

« Un lab est un dispositif. C’est un environnement (un lieu), une équipe et un socle méthodologique, le tout au service d’une ambition définie. Un lab peut par exemple accélérer la résolution de problèmes complexes, grâce à l’utilisation de méthodologies, à l’activation de leviers de facilitation,  à l’intelligence collective. Un lab permet d’essaimer, de diffuser les nouvelles pratiques et façons de fonctionner au sein d’une organisation. »

Nadège Lossouarn – Membre Codesign-it – Facilitatrice du Lab des labs #2

 

Au lab des labs #1 en décembre 2017, Codesign-it lançait une communauté de praticiens. Sur une journée, les acteurs des Labs ont partagé leurs questions et leurs trésors. Ils ont fait émerger les grands sujets à penser, les thèmes principaux qui les préoccupent et sur lesquels ils aimeraient travailler régulièrement ensemble. A l’issue de ce premier lab des labs, huit thématiques sont identifiées et serviront d’inputs à la prochaine étape :

 

Le lab des labs #2 a proposé de poursuivre l’aventure avec la création d’un Commun :  celui d’écrire un livre blanc avec tous les participants en se basant sur ces thématiques qui en constitueront les chapitres.

“La littérature en France sur les labs est encore discrète : un livre et un article de fond sur les labs ont été écrits par Olivier Laborde, pionnier chez Natixis. Or, depuis 12 ans que les labs d’innovation collaborative existent, les pratiques sont foisonnantes et passionnantes. Le temps de l’écriture est venu, de la “cristallisation” comme disent les chercheurs. En tant qu’acteurs engagés auprès de ces praticiens, nous avons eu envie de créer les conditions que ce livre s’écrive avec tous, et dans l’intention de créer au delà d’un objet commun, un Commun au service du plus grand nombre. Nous avons designé le lab des labs #2 dans cette perspective, en coopération avec Manuel Zacklad du CNAM, notre partenaire de recherche”.

Catherine Foliot – Membre Codesign-it – Facilitatrice du Lab des labs #2

 

La proposition est donc que :

En une journée, tous les praticiens de lab présents s’unissent pour atterrir sur des outputs travaillés et assez robustes, qui constitueront la base de la publication d’un livre blanc, dont tous les auteurs seront les participants, et qui sera publié en 2019 en Creative Communs.

Le design de la session a rendu possible ce pari un peu fou.   Par ailleurs, les 70 participants, tous acteurs de Labs – plus ou moins entraînés certes – sont de fervents défenseurs de l’innovation collaborative et participative. Ils s’enthousiasment donc à l’idée de cette expérience nouvelle !

Le 13 décembre ils ont œuvré pour que :

37 organisations  = 70 participants = 60 porteurs de lab + 10 facilitateurs Codesign-it

= 1 LIVRE BLANC

La journée est un succès ! Les participants témoignent avec émotion : 

 

Les conditions humaines et méthodologiques sont effectivement réunies pour assurer le succès de l’opération.

Les praticiens ne viennent pas de la même organisation mais appartiennent à une communauté. C’était l’un des objectifs du lab des labs 1 ; et même si on compte de nombreux nouveaux arrivants pour cette deuxième édition, ils sont accueillis comme des paires. Et cela même si leurs labs sont de tailles, de fonctions, ou d’origine différentes. Le Cross Organisation permet de faire avancer les systèmes de différents niveaux de maturité.

Le terrain est fertile à la création ; l’ambiance est saine, productive et créatrice de valeur. Les règles implicites des échanges sont le dialogue et le partage en transparence, sans filtre, en intimité et confiance pour la Cross pollinisation et la Cross fertilisation.

La session est très rythmée et non pas moins qualitative. Tout au long de la journée, on va chercher de l’information, on partage, on fait des feedbacks, on produit et on prend du recul. Et on recommence dans cet ordre ou dans un autre ; en individuel, à deux, en groupe ou en plénière. On alterne entre des moments de réflexivité, de production et de feedbacks. C’est une méthodologie inspirée de Patches & Nodes, qui permet de rassembler un maximum d’informations et produire intensément en faisant participer un maximum de personnes à un projet commun ; et cela en un temps record.

Dans les patchs les participants produisent en groupes parallèles d’une dizaine de personnes chacun. Le noding se fait en groupe restreint (2 à 4 personnes) et est un moment de partage sur les avancées des différents patches. On y collecte les feedbacks et les propositions d’itérations. On retourne alors dans son patch pour creuser et rendre les productions plus robustes grâce aux fameuses suggestions faites en nodes.

Lors de la journée du 13 décembre, les praticiens des labs se sont retrouvés :

  • à deux pour créer des interconnexions, pour aller chercher de l’information dans la galerie de retours d’expériences,
  • en patch pour réfléchir pour chaque thématique au terrain de jeu, aux sujets prioritaires et aux bonnes pratiques ou points de vigilance ; puis pour commencer à formaliser le contenu du chapitre du livre,
  • en nodes, pour partager les avancées des patchs et collecter des feedbacks
  • en plénière pour un retour d’expérience ou pour partager collectivement les productions de chaque groupe de travail et donner son feedback.

Et tout cela en une journée seulement car tout est bien orchestré par l’équipe de facilitation. Donc même si on est 70, on produit ensemble et on se sent impliqué dans la réalisation globale de l’œuvre.

Le lab des labs #2 a renforcé l’équipe et a été une journée pleine de surprises aussi bien pour les participants que pour les facilitateurs Codesign-it. En effet, le niveau de maturité des participants est tel que les facilitateurs décident de modifier les consignes du second temps de production en groupe et de proposer aux acteurs de labs d’aller encore plus loin dans la production du livre.

Le livre blanc est bien avancé et la quasi totalité des praticiens ayant participé à sa construction acceptent d’en être les co-auteurs. On sent également une demande, voire un besoin, chez les praticiens de multiplier les rencontres de ce type. Pourquoi attendre un an avant de se revoir ? Les idées fusent et des propositions de rencontres en dehors du lab des labs sont lancées. D’ailleurs, prochainement plusieurs labs d’Ile de France ont organisé une expédition à Toulouse pour un temps collectif dans l’un des labs d’AIRBUS.

La machine est lancée et les praticiens engagés ! De nouvelles surprises sur les labs sont donc à venir. Ce qui est sûr c’est que vous entendrez parler très bientôt de la publication du Livre Blanc des labs d’innovation collaborative. Dans les couloirs du 10Co j’ai cru entendre parler du mois de mars !

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