Codesign-it! http://codesign-it.com innovation collaborative Thu, 23 May 2019 09:14:18 +0000 fr-FR hourly 1 https://i2.wp.com/codesign-it.com/wp-content/uploads/2015/08/Co_logo_small.png?fit=32%2C32 Codesign-it! http://codesign-it.com 32 32 110756974 L’engagement commencerait-il par le corps ? Histoire d’un bodystorming au Square d’Arkéa ! http://codesign-it.com/2019/05/23/lengagement-commencerait-il-par-le-corps-histoire-dun-bodystorming-au-square-darkea/ http://codesign-it.com/2019/05/23/lengagement-commencerait-il-par-le-corps-histoire-dun-bodystorming-au-square-darkea/#respond Thu, 23 May 2019 09:14:12 +0000 http://codesign-it.com/?p=2473 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

L’engagement commencerait-il par le corps ?
Histoire d’un bodystorming au Square d’Arkéa !


Penser avec son corps plutôt qu’avec son cerveau ! Le brainstorming avec le corps permet l’expérimentation avec empathie, la recherche d’idées et le prototypage. Souvent utilisé dans une posture User eXperience (en se mettant à la place du client), il est également un outil de travail collaboratif, favorisant l’engagement et la génération d’idées.

C’est l’expérience qu’en ont fait les cent participants aux Square Days du Lab d’Arkea en janvier dernier.

Le Square, c’est le lab d’innovation d’Arkea : une équipe dédiée de 6 personnes et une communauté de presque 200 bénévoles salariés de l’entreprise, qui souhaitent s’engager dans les projets d’expérimentation et d’innovation collaborative du groupe.

Le lab ayant été créé il y a trois ans, il a été décidé d’organiser un temps de rencontre pour la communauté en ce début d’année 2019 : les Square Days. Catherine Foliot, membre de Codesign-it a accompagné le Square dans le design de ce séminaire.

Une séquence des Square Days a été confiée à Bénédicte Le Falher, consultante en risque opérationnel du Crédit Mutuel Arkéa depuis un an ; dans le groupe depuis une trentaine d’années et membre bénévole de la communauté du Square depuis 6 mois.

Son terrain de jeu pour les Square Days : 30-40 minutes pendant lesquelles elle a quartier libre sur le thème de l’engagement. Une occasion donc d’expérimenter !

Le public a choisi d’être présent à ces deux jours de séminaire, il est donc a priori ouvert à l’idée de l’expérimentation. Bénédicte quant à elle, est une femme qui aime oser, jouer et qui incarne avec force et enthousiasme l’idée de l’engagement aussi bien dans sa vie professionnelle que personnelle.

« L’engagement, pour moi, c’est viscéral. Je ne sais pas vivre sans m’engager. Je ne sais pas comment l’humanité peut avancer si on ne s’engage pas intellectuellement et physiquement dans ce à quoi on croit. »

« Le Square c’est une bulle, un terrain de jeu, mis en place pour explorer des axes de transformation, d’innovation bancaires et financières. C’est une structure à part pour explorer des pistes ou concepts en dehors des silos classiques. Au Square on réfléchit au monde de demain. »

« Dans ce parc de jeu, chacun a le droit d’y aller ou pas, d’ailleurs, tout le monde n’y va pas. Il y a différents jouets et on n’est pas obligé de tous les utiliser . On peut oser, se casser la figure et recommencer.”

« On m’a proposé de jouer, alors j’ai joué et on m’a laissé faire ! J’ai voulu faire vivre l’engagement avec surprise sans ré-intellectualiser l’expérience à son issue. »

Le sujet de l’engagement est tellement vaste. Il n’est pas évident de le traiter en si peu de temps. Comment le rendre le plus concret possible en une trentaine de minutes ?

« Je voulais du concret, du réel. Et je me suis souvenue d’une publicité All that we ShareDans ce laps de temps, je voulais secouer émotionnellement, faire bouger physiquement, qu’il y ait du lâcher prise par le mouvement. Le tout dans un climat positif, de bienveillance. J’ai voulu une expérience à la fois individuelle et collective. ».

L’engagement pendant cette séquence est donc physique et a pour objectif de faire vivre ce qu’est l’engagement dans l’action : « en faisant un pas ».

Bénédicte Le Falher a donc organisé une session de bodystorming sur l’engagement au sein du Square. Sa conviction est qu’on peut véritablement s’engager qu’à la condition de conserver toute son individualité. En rendant visible la diversité des engagements du groupe, et en particulier au Square dans ce cas précis, on peut véritablement choisir qui on est ou qui on a envie d’être au sein du collectif

« La majorité des membres de la communauté du lab est bénévole, dans le sens où elle choisit de son propre chef de s’engager ou non dans le lab d’Arkéa en plus de son activité professionnelle quotidienne. Le Square doit donc donner envie de s’engager dans le projet commun, tout en permettant à chacun de s’assumer et de choisir qui il a envie d’être au sein de cette communauté. »

Concrètement, comment s’est déroulée cette séquence de bodystorming ?

Au sol d’un côté de la salle il y a deux carrés oranges dessinés au gaffeur sur le sol : MOI / PAS MOI.

De l’autre côté, 4 autres espaces avec les inscriptions : CARTE / TEL / SMS / MAIL.

Bénédicte est le maître du jeu de la session et guide les 100 participants tout au long de l’expérience. Elle pose des questions et les participants y répondent en se déplaçant dans l’espace défini en fonction de leurs réponses.

Première question : « Nous sommes encore à la fin du mois de janvier, comment avez-vous fait vos vœux pour l’année 2019 ? Par téléphone, sms, mail, carte postale ? » Cette question simple a permis aux 100 personnes de se “ranger” dans les cases et donc d’intégrer l’espace de jeu qui allait s’ouvrir « Laissez-vous porter, faites-nous confiance. »

Pour installer les règles du jeu et embarquer en seulement quelques minutes, Bénédicte décide d’un coup de théâtre : noir complet dans la salle ! C’est alors que commence vraiment l’expérience.

Prologue : « Il est très facile de catégoriser les gens… Regardez à quelle vitesse vous êtes rentrés dans une case… On pourrait même y voir une forme de docilité ? … » (Silence dans la salle, personne ne bouge…) « Comment s’engager dans un collectif sans renier sa propre nature, ses propres convictions, sa particularité ? […] Nous avons un dénominateur commun ? […] Chacun de vous il y a 18 mois est arrivé au Square avec des idées, des ambitions, des bagages. Où en êtes-vous de vos rêves ? […] Nous pouvons rendre visible la diversité des engagements. Je vais donc vous faire des propositions et vous allez devoir choisir qui vous êtes… Vous n’avez pas à dire qui vous êtes mais à faire un choix. Les réponses possibles sont simples : moi ou pas moi. […] Ensemble ouvrons les yeux et jouons un peu. » Les lumières se rallument et la pièce commence !

Tous ont joué le jeu et les 40 minutes ont été comme un booster d’énergie.

Des propositions plus “personnelles” étaient destinées à appuyer le fait que chaque bénévole peut s’engager au Square sans perdre qui il est (introverti, extraverti, organisateur ou exécutant, etc.). On peut effectivement venir avec des compétences reconnues chez Arkéa ; mais on a également la possibilité de se confronter à d’autres domaines, d’apporter et de développer de nouvelles compétences pour le collectif.

  • « J’adore cuisiner sans suivre la recette. »
  • « Je suis plutôt l’organisateur des vacances. »
  • « Sur mes bulletins scolaires, il était souvent écrit : bavard, dissipé, clown. »
  • « Je chante régulièrement dans ma salle de bain ou voiture. »
  • « Je consulte mes mails / insta / tweets, tous les matins avant même de me lever. »

Ces questions plus “personnelles” ont été posées en alternance avec des propositions davantage axées sur le Square ; qui montrent l’engagement de certains dans le collectif, pour donner à ceux qui ont répondu « pas moi » l’envie de le faire à leur niveau.

  • « J’ai déjà entendu au moins une fois « Mais au Square, vous faîtes quoi finalement ? » »
  • « Je parle du Square en réunion d’équipe. »
  • « Au sein du Square, j’ai appris au moins une méthode ou acquis une nouvelle compétence. »
  • « J’ai déjà contacté de moi-même un membre du Square que je ne connaissais pas. »

A chaque question, succinctement et en fonction de ce qui se dévoile, Bénédicte rebondit, commente, creuse, repose si besoin des questions subsidiaires. Parfois elle fait répondre les participants en levant la main alors qu’ils sont déjà positionnés dans les cases, favorisant un nouveau geste, un autre mouvement. Parfois elle donne la parole pour expliquer le choix et ainsi apporter plus de sens à l’engagement

« Le bodystorming est une démarche individuelle et collective. On vit et on voit en même temps. On vit son propre engagement (où on se situe dans le Square en termes d’engagement) et on voit l’engagement du collectif. Le sujet était de rendre visible la diversité des engagements, le bodystorming a permis à tous de le visualiser, le ressentir. »

L’épilogue : une question à laquelle les participants ont répondu oralement « Alors pour vous, engagement ça rime avec quoi ? Quel écho, quelles résonances cela a-t-il en vous ? »

L’écho de l’engagement post Bodystorming – Square Days d’Arkéa – Janvier 2019 – Camille Ulrich

« Le bodystorming nous a permis de nous questionner avec le corps, de façon spontanée, moins réfléchie. Nous vivons dans un environnement (celui de l’entreprise) où les contacts physiques sont de moins en moins nombreux voire bannis, ce qui poussé à l’extrême nous éloigne les uns des autres. Le bodystorming est utilisable partout car il parle du rapport de l’individu au groupe ; et nous sommes en permanence dans cette situation. Quand on connaît le corps, quand on accepte aussi cette partie moins “cérébrale” de nous, nous devenons plus puissants, car plus complets tout simplement. »

Un grand merci à Bénédicte d’avoir fait une escale au 10CO – lieu de rassemblement parisien du collectif Codesign-it – et d’avoir partagé avec nous un moment de l’histoire du Square.

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LE DIPCO DE CODESIGN-IT : LE COLLABORATIF UN INDISPENSABLE DE LA FORMATION ! http://codesign-it.com/2019/05/14/le-dipco-de-codesign-it-le-collaboratif-un-indispensable-de-la-formation/ http://codesign-it.com/2019/05/14/le-dipco-de-codesign-it-le-collaboratif-un-indispensable-de-la-formation/#respond Tue, 14 May 2019 14:47:26 +0000 http://codesign-it.com/?p=2454 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

LE DIPCO DE CODESIGN-IT : LE COLLABORATIF UN INDISPENSABLE DE LA FORMATION !


Le DipCo, pour Diplôme Codesign, est le Certificat de Spécialisation Professionnelle de l’association Codesign-it en partenariat avec le CNAM (Conservatoire National des Arts et Métiers) et le CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires). Une formation continue sur l’innovation et la transformation collaborative dans les organisations et les projets complexes. Avec une méthode : apprendre en questionnant, apprendre en faisant, apprendre en partageant.

Le DipCo c’est le pari que la constitution d’une communauté apprenante de professionnels va permettre à chaque participant de développer ses compétences de facilitation, et pour le collectif de grandir dans sa compréhension des enjeux de l’innovation collaborative.

En chiffres il représente :  50-60 participants par an, 140 heures de formation soit 10 sessions de 3 jours proposées par an, 5 et 7 de ces sessions choisies par le participant pour obtenir son diplôme. 120 diplômés depuis sa création en 2015.

Une communauté apprenante de professionnels.

Le DipCo est destiné à tous. En tous cas, à toutes les personnes pour qui la question du collaboratif et la mobilisation des parties prenantes dans la gestion de projets complexes, est un enjeu. Et cela, à condition que le projet personnel ou professionnel du participant soit une opportunité pour la mise en pratique des apprentissages vécus pendant la formation.

« L’objectif est de diffuser au plus grand nombre les enjeux et l’intérêt de l’innovation collaborative. Nous voulons créer un terrain de jeu pour les participants. En les responsabilisant. Il faut qu’ils aient une possibilité de mise en pratique dans leurs environnements respectifs, de test dans leurs écosystèmes. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Un soin particulier est apporté au recrutement des participants, notamment pour assurer la diversité des profils et l’existence d’un projet personnel d’application des apprentissages.

« C’est la diversité des participants (un indépendant, un fonctionnaire de l’administration publique, un start-uper, un salarié d’une grande entreprise, etc.) du diplôme qui permettra de mieux comprendre et cerner les sujets abordés. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Une collaboration entre membres du collectif, participants au diplôme et intervenants externes.

Les membres du collectif sont les facilitateurs de chaque session. De manière général en trinôme, ils préparent la session dont ils ont la charge.

« Pour les membres du collectif, enseigner c’est apprendre. Chaque session est orchestrée et facilitée par les membres de Codesign-it! Elle est une occasion de prise de recul et de réflexivité ! La session est toujours codesignée avec deux ou trois participants. Pour eux, c’est aussi une manière d’apprendre. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

En plus de ce trinôme chefs d’orchestre, des intervenants – internes ou externes au collectif – sont invités à participer pour apporter une autre « coloration », être source d’inspiration pour la session : un consultant sur la question des socio-styles, un spécialiste du gaming, une psychiatre Gestalt, etc.

En février dernier, Trinité Laroche (membre de Codesign-it) était la Lead designer de la session du DipCo : Dynamiques collectives et Documentation. J’ai été invitée à participer en tant que représentante de la documentation de l’expérimentation Codesign-it et au même titre que deux autres intervenants : AnaÏs Thevenot, journaliste, membre de l’association Nonamekitchen.org documentant les mouvements migratoires aux frontières d’Europe de l’Est ;  et Nicolas Caruso, facilitateur graphique.

L’intention principale de ce temps était celle de l’écoute active = « j’écoute pour retranscrire ; pour transmettre » et non pas « j’écoute pour entendre / j’écoute que pour moi »

Il y a eu 3 équipes  : chaque équipe va voir 2 speakers et sera en position de transmettre puis de recevoir un contenu transmis.

La session, designée avec les deux participantes au diplôme Cécile Ruf et Elodie Dantar, s’est donc déroulée de la façon suivante :

En abordant le sujet de la documentation les participants ont fait collectivement l’expérience de la documentation en tant que telle. Et en ce qui me concerne, ce temps a été particulièrement riche, car une possibilité de questionner et faire évoluer le sujet de la documentation de l’expérimentation Codesign-it!

Citations du DipCO Session de Février 2019 – Nico Wauquiez, membres de Codesign-it!

Expérimenter. Tester. Partager. Questionner.

Le DipCo n’est pas une simple formation à la facilitation. Il a vocation à proposer une approche innovante, interactive et performante pour accompagner les projets complexes dans les organisations. Il doit faciliter le travail collaboratif, l’émergence d’idées nouvelles pour leur concrétisation durable en actions et résultats.

« Il n’y a pas de hiérarchie, pas de prof pendant les sessions. La matière est toujours coproduite par les participants. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

L’objectif du diplôme est de co-construire avec les participants une dynamique d’apprentissage /sur et en/ intelligence collective. Les participants sont mis en situation d’acteurs : ils sont tous autonomes et responsables de rendre les plus riches possible ces temps d’apprentissages individuels et collectifs.

« Les sujets des sessions sont construits sur la base d’une « grille de pédagogie inversée » qui reprend tous les principes, modèles et méthodes identifiés comme fondamentaux sur des sujets d’innovation collaborative. Chaque session devra aborder une partie de ces fondamentaux mais le design des session les contenus et les échanges avec les intervenants sont évolutifs et non linéaires. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

On alterne donc entre des temps expérientiels, des temps d’inspiration, de questionnement, et des temps de partage entre les participants sur leurs expérimentations personnelles d’application de leur apprentissages (appelées XP).

« Les sessions sont forcément hors-sol par rapport au quotidien des participants tellement elles sont riches en contenu. L’XP, menée en parallèle par chaque participant est une Invitation à mettre en place, tester, se tester soi sur des sujets d’innovation collaborative, dans son quotidien ses interactions habituelles, son écosystème. La restitution peut être un point d’étape. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Pendant une XP, le participant va parler du problème qu’il a décidé de résoudre, des hypothèses qu’il a choisies pour répondre à ce problème, de la façon dont il a mobilisé les différentes parties prenantes et des différentes itérations, des ajustements nécessaires pour avancer.

« D’ailleurs certains récits d’échecs, et donc d’itérations, de reformulations d’hypothèses ont été extrêmement apprenants pour tous. »

Mai-Liên Nguyen Duy, Membre de Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Les participants deviennent des ambassadeurs de l’innovation collaborative.

Le DipCo n’est pas une porte d’entrée dans le collectif Codesign-it! L’objectif est au contraire de diffuser au plus grand nombre.

« Avec le DipCo, nous avons l’ambition que les participants deviennent de bons sponsors de l’innovation collaborative, qu’ils acquièrent les bonnes postures et le bon vocabulaire pour incarner les démarches collaboratives d’innovation dans leurs environnements respectifs. »

Julie Credou, Membre du collectif Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

Nicolas Détrie cofondateur de Yes We Camp – collectif à l’origine des Grands Voisins notamment – s’est d’ailleurs inspiré du modèle pédagogique du DipCo pour créer son Diplôme Universitaire « Mise en œuvre d’espaces communs » (ouverture pour l’été 2019) en partenariat avec Codesign-it, Ancoats, et l’Université Paris-Est-Marne-la-Vallée.

« Le DipCo est un levier pour servir la vision de Codesign-it! En donnant à voir tout ce qui peut se faire, les participants pourront piocher ou même créer eux même les démarches collaboratives qui leur conviendront le mieux. »

Julie Credou, Membre du collectif Codesign-it et de l’équipe pédagogique DipCo

On retrouve ici l’idée chère à Codesign-it du partage en Creative Communs :  la diffusion au plus grand nombre dans une logique toujours évolutive et apprenante pour tous.

Pour une présentation complète du DipCo c’est ici !

Licence Creative Commons

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Le biomimétisme : source d’innovation collaborative ! http://codesign-it.com/2019/03/20/le-biomimetisme-source-dinnovation-collaborative/ http://codesign-it.com/2019/03/20/le-biomimetisme-source-dinnovation-collaborative/#comments Wed, 20 Mar 2019 12:37:10 +0000 http://codesign-it.com/?p=2398 [...]]]>

Le biomimétisme : source d’innovation collaborative !


Le biomimétisme c’est regarder la nature pour comprendre, créer et innover en l’imitant.

S’adaptant en permanence et donc innovant toujours, la nature constitue une source d’inspiration inépuisable pour l’homme. De plus en plus étudié, le biomimétisme est d’autant plus intéressant qu’il prend en compte le fonctionnement « naturel » des choses. Il est d’ailleurs aujourd’hui considéré comme un facilitateur de la transformation durable.

Si on l’applique à l’innovation collaborative, il inspire notamment un modèle de design de sessions collaboratives : Patches and Nodes.

« Patches and Nodes est bien un modèle ; pas une méthodologie. Il donne un cadre de pensée là où une méthodologie va prescrire un process. D’ailleurs, le design de sessions d’intelligence collective est, d’une certaine façon, contradictoire avec les notions de process linéaires et installés. On pourrait même considérer une méthodologie comme une aliénation de l’innovation nécessaire à la pensée design. Patches and Nodes est une source d’inspiration pour penser l’intelligence collective, et laisse une très large marge de manœuvre dans la façon de l’utiliser. Ce modèle est sans équivalent dès lors qu’on designe des sessions d’innovation collaborative avec des groupes de plus de 50-60 personnes. »

Alain Biriotti – Membre de Codesign-it

Le modèle, développé dans le réseau MG Taylor, est utilisé régulièrement par le collectif Codesign-it dans son exercice de facilitation de la transformation auprès de ses clients.

Dans un design classique destiné à des situations simples ou des groupes de taille limitée, on imagine des temps de travaux en sous-groupes puis des restitutions, des partages d’informations ou des réactions en plénière. « Les plénières permettent la reprise de la vision d’ensemble par les participants et peuvent être un espace de progression de la discussion : pour faire réagir aux travaux par exemple. Plus on est nombreux plus il est difficile de faire ça. Le design de sessions d’innovation collaborative devient effectivement complexe quand il s’agit de travailler, réfléchir, produire ensemble à plus de 50 personnes. Il faut donc repenser les mécanismes d’intégrations des travaux entre les différents groupes. » On doit imaginer une mécanique qui crée du partage pour l’intégration progressive des travaux ; une mécanique qui peut faire basculer dans l’action par la découverte et l’appropriation active, le partage à différents niveaux.

C’est en étudiant le fonctionnement du cerveau humain qu’a été pensé Patches and Nodes.

« La technique d’intégration des travaux d’un grand groupe est fondée sur une analogie biologique avec le fonctionnement du cerveau. Le cerveau fonctionne par des connexions neuronales : des milliards de neurones et des milliards de milliards de connexions. Ces connexions ne s’organisent pas au hasard. Elles font émerger des « plaques » de neurones qui sont spécialisées sur une fonction du cerveau (sensorielle ou motrice par exemple), dans lesquelles les connexions sont denses et complexes. Ces « plaques » sont connectées à d’autres centres du cerveau par des neurones spécialisés qui font circuler l’information. Le modèle Patches and Nodes s’inspire de ce fonctionnement. »

Si on le transpose dans le design de sessions d’innovation collaborative :

  • Les Patches sont des petits groupes persistants rassemblant quelques participants, ce qui forme des nœuds de coopération qui vont prendre en charge un pan de la réflexion, un fragment du problème, et travailler dessus. Dans les Patches, la consigne est la suivante : produire du contenu optimisé au service du collectif, « le Patch Product », et se poser régulièrement la question de la valeur ajoutée de son patch pour le collectif, au regard des compétences et spécificités de cette équipe. La spécialisation des Patches est fonction des contextes et peut jouer sur plusieurs variables : les patches sont-ils constitués d’avance ou peuvent-ils émerger du processus d’intelligence collective ? Ont-ils un sujet prédéfini ou à définir ? Leur composition est-elle structurée ou pas ? Cette composition peut-elle évoluer dans le temps ?

« Dans une logique orientée production par exemple, on peut définir les sujets des Patches, constituer un noyau dans chaque Patch mais laisser de la latitude pour enrichir les équipes. Ou alors composer les équipes mais les laisser choisir les sujets qu’elles voudraient travailler tout en organisant une discussion plus générale pour s’assurer que tous les sujets sont traités. Dans une logique plus émergente, les Patches ne sont pas préconstitués ni en définition des sujets à traiter ni en composition et doivent naître du processus d’intelligence collective. »

  • Les Nodes sont des individus qui entretiennent des connexions régulières avec d’autres individus d’autres Patches. Ces connexions créent un tissu de connectivité. Elles ne sont pas actionnées sur un mode dirigé mais simplement activées régulièrement, ou même de manière informelle, pour provoquer des discussions. Elles se font de manière bilatérale ou en groupe de 3-4 personnes et ont pour objectif de partager les éléments les plus marquants de l’expérience vécue, des idées ou des concepts ; pour que chaque Node puisse alors revenir vers son Patch avec de nouveaux éclairages et apprentissages, et ainsi faire progresser son Patch Product.

L’ingénierie de la session se construit avec une alternance de temps en Patch, de temps d’élaboration de contenus ou de solutions en équipes brassées, et de temps de Noding. Le réseau permet que l’information circule entre les Patches. Ce n’est pas la quantité mais plutôt la qualité des connexions inter ou intra-patches qui seront les garants de leur réussite. On mesure donc davantage l’efficacité d’un système à l’efficacité des connexions qui le constituent plutôt qu’à celle de ses groupes de travail en tant que tels.

Les trois règles d’or pour assurer le succès du modèle sont :

  1. Transmets / partage ce que tu as : ce que tu apprends, ce qui te surprend, les résultats de tes travaux.
  2. Utilise tout ce que tu reçois : pour optimiser ou tester de nouvelles choses.
  3. Optimise ton patch : l’équipe et chacun des membres de l’équipe doit se sentir pleinement responsable du fait que le patch apporte le maximum (en productivité, en épanouissement de chacun et en pertinence) à l’effort collectif. La réflexivité est un point clé : « En quoi ce que nous faisons est bien pour le collectif ? Sommes-nous organisés pour donner le meilleur de nous-mêmes ? Sommes-nous sur le bon sujet ? Sommes-nous bien connectés dans l’écosystème pour que ce qu’on fait soit bien utilisé par le collectif ? Doit-on modifier la composition de notre patch ? »

Grâce au biomimétisme donc, et au modèle à Patches and Nodes « nous avons pu faire des sessions d’innovation collaborative rassemblant jusqu’à 700 personnes ! »

Le biomimétisme nous rappelle en tous cas que l’observation et l’étude de la nature – plutôt que la volonté de la supplanter ou de la dominer – est une source d’inspiration infinie, et participe à la conception de solutions innovantes, respectueuses des environnements et des écosystèmes, et répondant à des objectifs de développement durable*.

*Source : www.sciencepost.fr Biomimétisme : c’est quoi ? Ce domaine changera notre vie dans les années à venir ! Maximilien LLorca – rédacteur scientifique. « D’après le CEEBIOS (Centre Européen d’Excellence en Biomimétisme de Senlis) le biomimétisme peut répondre à 9 des 17 objectifs mondiaux du développement durable définis par l’ONU »

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! et Fanny de Font-Réaulx est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Faut-il un numerus clausus ? http://codesign-it.com/2019/03/15/faut-il-un-numerus-clausus/ http://codesign-it.com/2019/03/15/faut-il-un-numerus-clausus/#respond Fri, 15 Mar 2019 14:11:31 +0000 http://codesign-it.com/?p=2388 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

Faut-il un numerus clausus ?


« Devrions-nous être 50 membres ? Plus ? Moins ? Combien ? Pourquoi ? » c’est le débat lancé dans le collectif Codesign-it début janvier 2019.

La semaine dernière, les membres du collectif ont voté. Le scénario qui l’emporte est le suivant : « Décider chaque année d’une mise à jour du numerus clausus, +5 -5 ou flat. Et pour 2019, numerus clausus maintenu à 50 (flat) ».

Pourquoi cette question du nombre chez Codesign-it ? Et comment les membres sont-ils arrivés à cette décision ?

« A la fondation du collectif, l’une des intentions était de « S’avoir sous la main », de pouvoir se retrouver ailleurs que sur les projets des uns et des autres ou dans les cafés.
Par ailleurs, nous voulions être un collectif accueillant, hybrider nos profils et nos savoir-faire au gré des rencontres. On s’était fixé une limite à cinquante membres. A l’époque c’était intuitif ou théorique, et peu à peu le collectif a grandi et la question du numerus clausus est devenue plus tangible. »

Nico Wauquiez – Membre fondateur de Codesign-it

En effet le collectif a grandi assez vite. Ils étaient huit membres fondateurs, et aujourd’hui le collectif compte (au 18 février 2019) 46 membres, 32 partenaires et 2 résidents.

  • Les membres (en vert) portent ensemble les projets labellisés par le collectif, ils s’impliquent dans la mise en œuvre d’une gouvernance distribuée et dans la transmission en mode creative commons (CC BY SA).
  • Les partenaires (en orange) contribuent à la conduite des projets labellisés, sans pour autant s’engager dans la vie interne (vie collective, gouvernance et transmission).
  • Les résidents (en jaune) sont invités pour une période de six mois maximum qui doit permettre de faire connaissance, d’expérimenter la vie du collectif et de voir si ça fait des étincelles. A l’issue de la résidence, ils peuvent devenir membre ou partenaire.

En ce début d’année 2019, on approche les cinquante membres ; et la question du nombre traine dans les couloirs du 10CO – nom donné aux locaux du collectif.
Le débat existe et mérite d’être partagé entre tous. Chez Codesign-it la gouvernance est distribuée, et s’inspire de la sociocratie. Voilà comment ça se passe :

  • Une discussion est lancée sur une plateforme numérique de décision collaborative (Loomio)
  • Chacun peut donner son point de vue sur la problématique
  • Lorsqu’on estime que l’instruction a été suffisamment riche, une proposition de décision est formulée
  • Tous peuvent se positionner, et « Qui ne dit mot consent »
  • Si la décision empêche qqn de fonctionner, alors il formule une objection, qui doit être importante et raisonnable, et peut amener à la formulation d’une nouvelle proposition.
  • Si personne ne s’oppose (pas d’objection), la proposition est validée.

La problématique du numerus clausus est la suivante et c’est celle qui est posée aux membres de Codesign-it sur LOOMIO :
« Si l’on fixe une limite au nombre de membres, selon vous,

  • Qu’est-ce qui se joue pour notre collectif ?
  • Quelles opportunités tentons-nous de faire advenir ?
  • Quels risques tentons-nous d’éviter ?

Vous avez un avis, une idée, une intuition, partagez et rebondissez ! »

Sur Loomio, les discussions vont bon train. Les membres de Codesign-it discutent avec intérêt, enthousiasme et engagement, et la réflexion progresse. Pour preuve quelques commentaires partagés sur le fil de discussion :

« Jusqu’à quand faisons-nous société ? On ne fait pas société avec tout le monde mais en groupes plus retreints qui vivent en parallèle et se croisent. Notamment dans des petits groupes de 3-4 assemblés autour d’initiatives ou de projets »

« Plus on est, plus nous réussirons à rassembler et à faire vivre notre communauté de pratiques, de veille, d’entraide et d’échange. »

« Si on grandit, quelles contraintes – défis – à relever ? Comment continuer à se professionnaliser ? Quelle différence ferons-nous entre les partenaires et membres ? »

« Peur de perdre en agilité, ne plus avoir le temps de capter ce qui se passe ailleurs… de devenir has been. »

« Fixer un pallier au nombre de membres, c’est prendre le risque du circuit fermé, de la porte verrouillée et de la consanguinité ? »

« Ne pas fixer de pallier au nombre de membres c’est prendre des risques sur : le fonctionnement sociocratique (à quoi ressemble une élection sans candidat à 100 ? un cercle à 25 ?), la cohésion du groupe (aujourd’hui chacun connaît peu ou prou chacun, et cette proximité personnelle favorise le dialogue direct et la transparence entre nous, elle nous épargne le lobbying et la politique), la dilution de la responsabilité (à 50 je suis dans une taille de groupe où je vois l’impact de mes contributions pour le collectif, où je sais qu’on compte sur moi et où, d’une certaine façon, je suis observé. A 200, je peux me dire que ce n’est pas trop grave de ne pas pouvoir participer à l’effort commun, puisque beaucoup d’autres pourront le faire)… »

[…]

Un mois après le lancement du débat, une équipe se charge de reprendre l’ensemble des échanges pour établir des scénarios et formuler la proposition ci-dessous.

« Pour construire cette proposition, nous avons relu l’intégralité des commentaires et discuté, en essayant d’une part de faire ressortir les thématiques principales, et d’autre part de positionner les arguments sur les différents scénarios qui semblaient se dessiner.

Parmi les cinq scénarios proposés c’est le scénario C qui est proposé au Vote.

  • Scénario A : vingt membres de moins (numerus clausus à 30 membres)
  • Scénario B : maintien du numerus clausus de 50 membres
  • Scénario C : décider chaque année d’une mise à jour du numerus clausus, +5 -5 ou flat
  • Scénario D : + 30 membres (numerus clausus à 80 membres)
  • Scénario E : pas de numerus clausus : il n’y a pas de limite au nombre de membres.

Et donc pour 2019 : le maintien à 50 du numerus clausus.
Un numerus clausus évolutif chaque année qui suivra les grands principes suivants :

  • Encourager l’engagement des membres dans trois niveaux :
    • Exigence professionnelle dans les comportements et les pratiques,
    • Implication dans la gouvernance et la vie du collectif,
    • Transmission des pratiques jusqu’aux communs
  • S’appuyer sur toutes les formes de partenariats et par conséquent prendre soin des partenaires
  • Maîtriser la charge de fonctionnement du collectif
  • Soigner l’accueil et l’intégration des membres du collectif
  • Renforcer ou maintenir notre positionnement sur le marché (lisibilité de l’offre et des talents, réinvention des pratiques…)
  • Avancer et cranter sur les sujets internes tout en s’assurant de l’implication du plus grand nombre. »

Ce scénario et cette décision pour 2019 ont été validés par consentement, avec 40 réponses, toutes favorables. Ce qui potentiellement pourrait poser question face aux nombreux débats et questionnements soulevés par le sujet !? Pour cette instruction, tous les avis et les réflexions de chacun ont le mérite d’avoir été partagés, consolidés et retranscrits en une proposition de décision. C’est donc la volonté d’avancer en équipe qui l’emporte finalement.

 

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70 acteurs de labs d’innovation collaborative font équipe pour la création d’un Commun ! http://codesign-it.com/2019/02/07/70-acteurs-de-labs-dinnovation-collaborative-font-equipe-pour-la-creation-dun-commun/ http://codesign-it.com/2019/02/07/70-acteurs-de-labs-dinnovation-collaborative-font-equipe-pour-la-creation-dun-commun/#respond Thu, 07 Feb 2019 12:31:03 +0000 http://codesign-it.com/?p=2292 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

70 acteurs de labs d’innovation collaborative font équipe pour la création d’un Commun !


Codesign-it accompagne les entreprises dans la création et la vie de labs d’innovation collaborative. En 2017, le collectif a pris l’initiative d’organiser le “lab des labs” : une journée collaborative, rassemblant dans ses locaux à Paris des acteurs engagés de labs tant publics que privés.

La première édition 2017 avait été l’occasion d’identifier la singularité de l’impact des labs, de leurs trésors et de leurs challenges.  Le 13 décembre 2018, pour la deuxième édition du “lab des labs”, 70 acteurs ont répondu présents et un nouveau challenge s’est imposé : celui d’écrire un livre, un livre sur les pratiques et enjeux des labs d’innovation collaborative, dont ils seront les co-auteurs et diffusé au plus grand nombre dans une logique chère à Codesign-it : celle de la transparence et du partage, de l’open source et des Creative Communs.

Définition d’un lab :  

« Un lab est un dispositif. C’est un environnement (un lieu), une équipe et un socle méthodologique, le tout au service d’une ambition définie. Un lab peut par exemple accélérer la résolution de problèmes complexes, grâce à l’utilisation de méthodologies, à l’activation de leviers de facilitation,  à l’intelligence collective. Un lab permet d’essaimer, de diffuser les nouvelles pratiques et façons de fonctionner au sein d’une organisation. »

Nadège Lossouarn – Membre Codesign-it – Facilitatrice du Lab des labs #2

 

Au lab des labs #1 en décembre 2017, Codesign-it lançait une communauté de praticiens. Sur une journée, les acteurs des Labs ont partagé leurs questions et leurs trésors. Ils ont fait émerger les grands sujets à penser, les thèmes principaux qui les préoccupent et sur lesquels ils aimeraient travailler régulièrement ensemble. A l’issue de ce premier lab des labs, huit thématiques sont identifiées et serviront d’inputs à la prochaine étape :

 

Le lab des labs #2 a proposé de poursuivre l’aventure avec la création d’un Commun :  celui d’écrire un livre blanc avec tous les participants en se basant sur ces thématiques qui en constitueront les chapitres.

“La littérature en France sur les labs est encore discrète : un livre et un article de fond sur les labs ont été écrits par Olivier Laborde, pionnier chez Natixis. Or, depuis 12 ans que les labs d’innovation collaborative existent, les pratiques sont foisonnantes et passionnantes. Le temps de l’écriture est venu, de la “cristallisation” comme disent les chercheurs. En tant qu’acteurs engagés auprès de ces praticiens, nous avons eu envie de créer les conditions que ce livre s’écrive avec tous, et dans l’intention de créer au delà d’un objet commun, un Commun au service du plus grand nombre. Nous avons designé le lab des labs #2 dans cette perspective, en coopération avec Manuel Zacklad du CNAM, notre partenaire de recherche”.

Catherine Foliot – Membre Codesign-it – Facilitatrice du Lab des labs #2

 

La proposition est donc que :

En une journée, tous les praticiens de lab présents s’unissent pour atterrir sur des outputs travaillés et assez robustes, qui constitueront la base de la publication d’un livre blanc, dont tous les auteurs seront les participants, et qui sera publié en 2019 en Creative Communs.

Le design de la session a rendu possible ce pari un peu fou.   Par ailleurs, les 70 participants, tous acteurs de Labs – plus ou moins entraînés certes – sont de fervents défenseurs de l’innovation collaborative et participative. Ils s’enthousiasment donc à l’idée de cette expérience nouvelle !

Le 13 décembre ils ont œuvré pour que :

37 organisations  = 70 participants = 60 porteurs de lab + 10 facilitateurs Codesign-it

= 1 LIVRE BLANC

La journée est un succès ! Les participants témoignent avec émotion : 

 

Les conditions humaines et méthodologiques sont effectivement réunies pour assurer le succès de l’opération.

Les praticiens ne viennent pas de la même organisation mais appartiennent à une communauté. C’était l’un des objectifs du lab des labs 1 ; et même si on compte de nombreux nouveaux arrivants pour cette deuxième édition, ils sont accueillis comme des paires. Et cela même si leurs labs sont de tailles, de fonctions, ou d’origine différentes. Le Cross Organisation permet de faire avancer les systèmes de différents niveaux de maturité.

Le terrain est fertile à la création ; l’ambiance est saine, productive et créatrice de valeur. Les règles implicites des échanges sont le dialogue et le partage en transparence, sans filtre, en intimité et confiance pour la Cross pollinisation et la Cross fertilisation.

La session est très rythmée et non pas moins qualitative. Tout au long de la journée, on va chercher de l’information, on partage, on fait des feedbacks, on produit et on prend du recul. Et on recommence dans cet ordre ou dans un autre ; en individuel, à deux, en groupe ou en plénière. On alterne entre des moments de réflexivité, de production et de feedbacks. C’est une méthodologie inspirée de Patches & Nodes, qui permet de rassembler un maximum d’informations et produire intensément en faisant participer un maximum de personnes à un projet commun ; et cela en un temps record.

Dans les patchs les participants produisent en groupes parallèles d’une dizaine de personnes chacun. Le noding se fait en groupe restreint (2 à 4 personnes) et est un moment de partage sur les avancées des différents patches. On y collecte les feedbacks et les propositions d’itérations. On retourne alors dans son patch pour creuser et rendre les productions plus robustes grâce aux fameuses suggestions faites en nodes.

Lors de la journée du 13 décembre, les praticiens des labs se sont retrouvés :

  • à deux pour créer des interconnexions, pour aller chercher de l’information dans la galerie de retours d’expériences,
  • en patch pour réfléchir pour chaque thématique au terrain de jeu, aux sujets prioritaires et aux bonnes pratiques ou points de vigilance ; puis pour commencer à formaliser le contenu du chapitre du livre,
  • en nodes, pour partager les avancées des patchs et collecter des feedbacks
  • en plénière pour un retour d’expérience ou pour partager collectivement les productions de chaque groupe de travail et donner son feedback.

Et tout cela en une journée seulement car tout est bien orchestré par l’équipe de facilitation. Donc même si on est 70, on produit ensemble et on se sent impliqué dans la réalisation globale de l’œuvre.

Le lab des labs #2 a renforcé l’équipe et a été une journée pleine de surprises aussi bien pour les participants que pour les facilitateurs Codesign-it. En effet, le niveau de maturité des participants est tel que les facilitateurs décident de modifier les consignes du second temps de production en groupe et de proposer aux acteurs de labs d’aller encore plus loin dans la production du livre.

Le livre blanc est bien avancé et la quasi totalité des praticiens ayant participé à sa construction acceptent d’en être les co-auteurs. On sent également une demande, voire un besoin, chez les praticiens de multiplier les rencontres de ce type. Pourquoi attendre un an avant de se revoir ? Les idées fusent et des propositions de rencontres en dehors du lab des labs sont lancées. D’ailleurs, prochainement plusieurs labs d’Ile de France ont organisé une expédition à Toulouse pour un temps collectif dans l’un des labs d’AIRBUS.

La machine est lancée et les praticiens engagés ! De nouvelles surprises sur les labs sont donc à venir. Ce qui est sûr c’est que vous entendrez parler très bientôt de la publication du Livre Blanc des labs d’innovation collaborative. Dans les couloirs du 10Co j’ai cru entendre parler du mois de mars !

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L’exercice de la représentation visuelle a un impact sur la transformation collaborative des organisations ! http://codesign-it.com/2019/01/29/lexercice-de-la-representation-visuelle-a-un-impact-sur-la-transformation-collaborative-des-organisations/ http://codesign-it.com/2019/01/29/lexercice-de-la-representation-visuelle-a-un-impact-sur-la-transformation-collaborative-des-organisations/#respond Tue, 29 Jan 2019 16:39:02 +0000 http://codesign-it.com/?p=2272 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

L’exercice de la représentation visuelle a un impact sur la transformation collaborative des organisations !


Le 6 décembre dernier, le Pôle Transformation récemment créé au sein du Conseil Supérieur du Notariat (CSN) s’est réuni pour un premier séminaire d’équipe.

Les objectifs – fixés en amont avec la directrice du Pôle, Françoise Vichot, et plusieurs représentants des services qui le constituent – sont de mieux définir ce qu’on entend par « Transformation », mieux identifier les missions du Pôle et de ses différents services ; pour mieux travailler en équipe et avec leurs clients. Vaste programme au service de l’objectif principal de ce premier séminaire : celui de mieux se connaître.

La représentation visuelle a été choisie comme fil rouge de la journée mais aussi comme le moyen de faire vivre une expérience « transformante » aux trente participants.

A la fin de la journée, on considère que le séminaire est un succès. En quoi la représentation visuelle y a-t-elle participé ?

La représentation visuelle c’est de la facilitation graphique, du scribing, de l’illustration et de la modélisation. Et tous les membres du Pôle transformation du CSN y ont goûté le 6 décembre dernier.

D’abord à travers l’environnement au sein du 10CO – lieu de rassemblement des membres du collectif Codesign-it, dans lequel ils organisent aussi des sessions avec leurs clients – créé pour être source d’inspiration et dans lequel Keith Haring, Jean-Michel Basquiat et Banksy s’invitent par exemple sur les murs.

Les facilitateurs graphiques, eux, rythment la session en scribant les échanges.

Ensuite et tout au long de la journée, ils accompagnent les membres du Pôle Transformation du CSN dans leurs productions. Finalement, et en faisant collectivement l’expérience de la représentation visuelle, ces derniers deviennent les acteurs principaux de leur transformation.

Cela commence par une mise en jambe : « Picasso dans le sac ». La consigne est simple : « Prenez la feuille A4 qui vous est donnée. Glissez-la dans le sac. Prenez votre stylo. Mettez la main dans le sac. Et dessinez le portrait de votre binôme. Vous ne pouvez pas regarder le dessin que vous êtes en train de réaliser. Et vous n’avez pas le droit de lever votre stylo. Tout doit être fait d’un trait continu. » On peut sentir une légère appréhension au début de l’exercice mais les participants se laissent aller très rapidement. Finalement, tout le monde est capable de dessiner. C’est décomplexant et ça fait du bien !

Ensuite et en trois temps dans la journée, les participants ont créé leurs propres œuvres graphiques. Feutres, ciseaux, journaux, pochoirs, dessins, et panneaux vierges à disposition, ils sont répartis en quatre groupes et travaillent à la représentation visuelle :  

  1. De la transformation en soi
  2. Du Pôle Transformation et de ses services
  3. De ses missions et de son rôle au sein du CSN

A chaque temps, chaque groupe se dirige vers une œuvre voisine ; sauf une personne qui reste garant de l’œuvre réalisée jusqu’alors, et est en charge de la commenter aux nouveaux arrivants. Les œuvres deviennent alors les réalisations d’un maximum de participants.

Les moments de représentation visuelle sont ponctués par d’autres temps d’échange et de modélisation qui donnent de la matière à la représentation visuelle qui suivra. Par exemple :

  • Des vidéos introductives des Sponsors du Projet de transformation du CSN : Jean-François Humbert, président et David AMBROSIANO, premier vice-président du bureau du CSN.
  • « Dans la peau de », pour décrire ce que fait une entité du Pôle Transformation que l’on ne connaît pas forcément bien
  • Des témoignages et échanges en plénière avec des clients du pôle transformation
  • Des réflexions en sous groupes sur le « Pourquoi, Comment, Quoi » du Pôle de transformation : sa raison d’être, son rôle futur, ses marqueurs, ses valeurs, ses livrables, etc.

En fin de session a lieu le vernissage : les œuvres sont affichées et présentées par leurs auteurs.

 

Quelques témoignages des membres du Pôle Transformation :

« J’ai été impressionnée de ce que nous avons réussi à faire ensemble, et cela même en changeant de groupe de travail régulièrement. Tout le monde était partant. Et des personnes, peut-être moins expressives à l’oral, ont sûrement été plus à l’aise pour participer. »

« Cela paraissait difficile au début puis c’est devenu de plus en plus facile. On laisse de côté nos complexes. On se lâche et les réserves ou appréhensions se lèvent. »

« Cela nous oblige à simplifier et à aller à l’essentiel. C’est ludique et récréatif. Cela nous permet de sortir du cadre et de penser autrement. On s’en souviendra en bien. »

« On sent de l’envie et du dynamisme. Cela nous permet de parler avec plus d’émotions et on prend conscience de manière assez viscérale. »

« Cela permet de se connaître et c’est convivial. Cela permet plus d’interactions. On ne peut pas être tout seul. Et en plus, cela abolit la hiérarchie. »

« La valeur ajoutée se trouve beaucoup dans la partage autour de l’œuvre, au moment de sa création et de sa présentation. Les moments de réflexions, en dehors du travail sur l’œuvre sont absolument nécessaires pour nourrir le travail graphique. »

« Demain, on pourrait afficher nos œuvres dans nos bureaux. Cela pourrait donner de bonnes idées à d’autres. On pourrait aussi avoir un tableau blanc pour partager les informations, cela nous éviterait de nous répéter ou de trop croiser les discours. »

Les membres du Pôle Transformation du CSN ont participé à leur séminaire avec envie, engagement et dynamisme. Et cela malgré le changement de programme ! Car oui, le 6 décembre dernier dès la première heure, l’arrêté relatif à la deuxième vague de création de 733 nouveaux notaires pour les deux prochaines années, est publié et bouscule l’agenda de la journée. Le Pôle Transformation du CSN – car c’est son rôle aussi – a donc comme priorité de prendre en compte et communiquer sur cet arrêté auprès du notariat. L’équipe de facilitation Codesign-it repense alors le planning de la session et faute de temps, l’un des sujets initialement au programme ne pourra être traité dans le détail. Il devra faire l’objet d’une seconde étape de réflexion ; ce qui a pu générer une légère frustration chez certains des participants.

Ce qu’on remarque surtout c’est que l’équipe de facilitation et les membres du Pôle Transformation ont réussi, même si tout a bien été pensé avant, à s’adapter et innover pendant. C’est rassurant finalement, surtout quand on parle de transformation ! Le choix a donc été fait de se concentrer sur la facilitation graphique et la production de l’œuvre en gardant en tête l’objectif principal de mieux se connaître.

Objectif rempli en partie grâce à la représentation visuelle ! Car elle fédère et permet de construire en collaboration en un temps record. Elle est une occasion de se connaître, de partager et de se reconnaître. Elle permet d’imprégner et de garder en mémoire. Elle aide à construire la pensée, à structurer et à donner du sens.

En attendant le prochain séminaire et de retour dans leur environnement « naturel » avec leurs œuvres, les participants pourront réfléchir à la mise en pratique des résultats de leurs premiers échanges du 6 décembre.

 

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We could be heroes ! http://codesign-it.com/2019/01/21/we-could-be-heroes/ http://codesign-it.com/2019/01/21/we-could-be-heroes/#respond Mon, 21 Jan 2019 10:31:38 +0000 http://codesign-it.com/?p=2250 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

We could be heroes !


Il y a une hypothèse : celle que l’expérience du collectif Codesign-it doit être partagée au plus grand nombre notamment en la documentant. Pour répondre à cette hypothèse une dizaine de Codesign-iters ont décidé d’écrire un livre « pas chiant et apprenant » sur la vie d’un facilitateur de session d’innovation collaborative : UN LIVRE DONT VOUS ÊTES LE HÉROS.

Comme dans la célèbre série des années 80, le livre est un jeu de rôle. Vous entrez dans la peau du héros facilitateur, vous démarrez au chapitre 1 et dès la première étape vous avez le choix entre plusieurs options. Chaque option ramène alors à une nouvelle situation, un nouveau chapitre.

En février 2018, un premier Livre « La session dont vous êtes le héros » avait déjà vu le jour à l’occasion de l’Acôdémie Codesign-it (Programme de formation du collectif). Il avait pour objet l’alignement des sponsors.

Pour ce nouvel ouvrage 2019, le périmètre est plus large et nous fait parcourir la vie d’un facilitateur de l’avant session jusqu’à l’après-session.

Le travail de préparation avant écriture est donc colossal. L’équipe Codesign-it en charge a collecté de façon exhaustive les situations apprenantes et vécues par les membres du collectif. Fin janvier elle aura fini d’ordonner et d’uniformiser les cas. Au total vous pouvez traverser entre 50 et 60 scenarii plus ou moins complexes grâce aux 200 chapitres du livre.

François Rochet, membre du collectif, pourra alors commencer le travail d’écriture. Il choisit la Heroic Fantasy qui permet de « décaler le propos et de mieux s’identifier ». Les facilitateurs graphiques du collectif auront alors le plaisir d’illustrer ce récit héroïque. Avec un objectif de sortie à l’été 2019, le livre sera auto-édité sous format numérique mais aussi sous format papier à la demande.

« La théorie est plus accessible si on la transforme en situations pratiques. D’autant plus si on fait faire au lecteur un pas de côté ; si on le fait sortir de son cadre de référence. On ne prétend pas créer LE livre référence mais il sera au moins le témoin de ce que nous vivons au sein du collectif. Cela va nous servir, à nous, chez Codesign-it. Et si cela peut servir en dehors du collectif, tant mieux ! »

Alors comment sera ce héros de la facilitation ? Homme ? Femme ? Animal ? Aura-t-il un compagnon d’aventure ? Une famille ? Et des pouvoirs magiques ?
Verdict mi 2019 !

A l’occasion de cet article j’ai noté que, dans le collectif Codesign-it, ils étaient assez nombreux à avoir la fibre Auteur. Si vous voulez les découvrir en voici quelques uns (car j’imagine qu’il peut y en avoir d’autres que je n’aurais pas encore démasqués !)

  • Ce que regarder veut dire – Présence et métamorphoses (Catherine Foliot)
  • Encore un putain de bouquin sur la créativité – (Gauthier Helloco – en cours d’écriture)
  • Découvrir l’intelligence Collective (Olivier Piazza)
  • Le nénuphar – Carnet de route avec un cancer (Chloé Renault)
  • Agence 42 Tome 1 / Tome 2 (François Rochet – sorties respectives en Février 2019 puis Mai 2019)
  • 40 heures pour se préparer à l’entretien de personnalité (Nicolas Wauquiez)

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Élections sans candidat : une expérience sociocratique réussie ! http://codesign-it.com/2018/12/17/elections-sans-candidat-une-experience-sociocratique-reussie/ http://codesign-it.com/2018/12/17/elections-sans-candidat-une-experience-sociocratique-reussie/#respond Mon, 17 Dec 2018 10:23:10 +0000 http://codesign-it.com/?p=2213 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

L’Assemblée Générale Ordinaire du 23 novembre 2018.

Élections sans candidat : une expérience sociocratique réussie !


Vendredi 23 novembre 2018 s’est tenue l’Assemblée Générale Ordinaire (AGO) de Codesign-it ! L’objectif : L’élection sans candidat des prochains membres des bureaux du collectif pour un mandat de 1 an.

L’élection sans candidat est un des principes fondateurs de la sociocratie mise en place en juin 2017 dans le collectif et toujours en expérimentation. Tout au long de la journée, bienveillance, maturité des échanges et fierté des participants sont au rendez-vous. A 18H, le gong est sonné : les bureaux sont élus et l’expérience sociocratique un succès.

Mais une élection sans candidat comment ça marche ? Quelques informations pour commencer :

  • Sept rôles sont à élire :
    • Dans le bureau de l’association Loi 1901 Codesign-it : Président, Secrétaire Générale et Trésorier, Vice président et Secrétaire Général Adjoint (les deux derniers rôles étant optionnels).
    • Dans le bureau de la SAS Codesign-it Ventures dont l’actionnaire unique est l’association loi 1901 Codesign-it,: Président et Directeur Général.
  • Les membres sont réunis en cercle et deux facilitateurs externes mènent le jeu, Olivier Heisch et Fred Noaro de Stimuli.
  • Les membres non présents, les résidents et les partenaires ne peuvent pas être élus ni voter.
  • On a le droit de voter blanc.

On procède alors rôle par rôle en 6 étapes.

0. En préambule, le membre en poste rappelle les missions et mandats de son rôle. On s’assure que tout soit bien clair pour chacun des membres présents.

1. Pour le vote chaque proposition est formulée sur un post-it : «Camille propose Bernard ».

2. Les facilitateurs récoltent les propositions et procèdent au dépouillement. A chaque proposition, le votant concerné argumente son choix à voix haute.

3. A l’issue du premier tour, les votants ont la possibilité de reporter leur voix et de justifier leur choix à nouveau.

4. On compte alors le nombre de voix et une proposition est formulée : «Bernard est proposé au poste de Président. »

5. « Qui a une objection ? » C’est là que potentiellement les choses se compliquent. Les objections doivent être « importantes » et « raisonnables » et sont formulées à main levée. Et face au nombre il faut avoir du cran pour prendre la parole. Mais les membres de Codesign-it osent ! Le candidat proposé n’a pas encore le droit de réponse.

6. L’étape de bonification sert à soulever les objections potentielles et soumettre les points de vigilance. Une objection doit absolument être levée sinon l’élection est bloquée et une nouvelle proposition devra être faite. Le candidat élu a le choix d’accepter sa nouvelle mission et peut alors s’exprimer.

On peut ensuite célébrer ! Le 23 novembre, les sept membres des bureaux de Codesign-it ont été élus. C’est le premier signe du succès de l’expérience sociocratique. Champagne !

Cette réussite se mesure également à la satisfaction ressentie par les participants tout au long et à l’issue de la journée. La météo a été bonne, et même très bonne ! Tout d’abord parce qu’on sent énormément de respect au sein du collectif, ainsi qu’une grande confiance dans la capacité et la volonté de chacun à avancer, toujours. Mais aussi parce que les membres de Codesign-it ont su se faire accompagner. A l’occasion de leur AGO, ils sont passés de l’autre côté, et la charge de la facilitation – à laquelle ils sont habitués dans leurs projets d’innovation collaborative chez leurs clients – a été confiée à l’admirable duo de Stimuli : Fred et Olivier. Grâce à eux, bienveillance, maturité, professionnalisme et humour entretenaient les échanges. Pour définir les règles du jeu et que chacun puisse parler librement et en confiance, ces derniers ont d’ailleurs choisi d’emprunter Les quatre Accords Toltèques à Don Miguel Ruiz :

  1. Que ta parole soit toujours impeccable
  2. Quoi qu’il arrive n’en fait pas une affaire personnelle
  3. Ne fais pas de supposition
  4. Fais toujours de ton mieux

Un des avantages majeurs de l’élection sans candidat est que chacun a le droit et même le devoir d’exprimer son souhait – réel et personnel – et de l’argumenter. Par ailleurs, celui ou celle qui ne pensait pas pouvoir jouer un rôle pourrait se le voir attribuer et l’accepter finalement. Le temps est accordé à la parole et l’échange et tous les avis des présents sont entendus et partagés. Alors, certes il a fallu huit heures pour élire sept membres ; mais plus on avance dans la journée et plus le processus se fluidifie. Chaque nouvelle élection complète les précédentes et le puzzle se construit. On valorise encore une fois l’expérimentation et la vie du collectif.

Enfin, les étapes d’objections et de bonifications permettent de soulever les potentiels problèmes ou points de vigilance et donc de définir des orientations nouvelles pour le collectif. Notamment celles de veiller à la transmission entre « anciens » et « nouveaux », « jeunes » et « moins jeunes » (en 2018 Codesign-it au moins doublé ses effectifs). De porter une attention particulière à la charge incontestable qu’impliquent ces rôles bénévoles, et donc à l’écologie personnelle des élus. De capitaliser, documenter, transmettre, partager et prendre soin du « trésor » que le collectif a en main pour continuer à le faire grandir toujours en expérimentant.

Mais la durée du mandat d’un an est elle suffisante ? Elle pose en tous cas la question de la continuité et du renouveau. Dans les bureaux cette année quatre membres ont été renouvelés à leur poste ou à un nouveau ; et trois ont été intégrés. En effet, certaines actions entreprises par les bureaux 2018 n’ont pas eu le temps de voir le jour et on a envie de continuer à voir évoluer un membre dans son rôle. Mais une des capacités de Codesign-it n’est-elle pas de s’hybrider ? La question a le mérite d’avoir été posée lors de l’AGO et sera donc peut-être davantage présente tout au long de l’année et lors des prochaines élections.

Codesign-it a vécu une expérience intense lors de son Assemblée Générale Ordinaire – dont elle n’a d’ailleurs que l’adjectif – et elle constitue une étape révélatrice de l’essence et de la construction toujours expérimentale du collectif.

Rendez-vous fin 2019 pour un bilan et une nouvelle élection après un an d’expérimentation supplémentaire de la sociocratie !

 

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! et Fanny de Font-Réaulx est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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L’Acôdémie Codesign-it : des focus pour développer l’acuité des facilitateurs ! http://codesign-it.com/2018/12/12/2198/ http://codesign-it.com/2018/12/12/2198/#respond Wed, 12 Dec 2018 10:48:49 +0000 http://codesign-it.com/?p=2198 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!

L’Acôdémie Codesign-it : des focus pour développer l’acuité des facilitateurs !


L’Acôdémie c’est le programme expérimental de formation interne de Codesign-it! Débuté mi 2017, il vient de se terminer fin novembre 2018 et a eu comme objectifs de créer un cadre de référence pour les membres du collectif dans leurs rôles de facilitateurs ; d’entraîner aux gestes et savoir-faire clés de la facilitation, pour le partage et l’appropriation d’un langage et d’une culture commune. Des dispositifs de transmission inventifs y ont été pensés pour une pédagogie active et expérientielle.

« En un an et demi, dix-neuf sessions ont été créées. Le choix et la formulation de ces thèmes a déjà été un véritable apprentissage en soi. » raconte Brice de Margerie, membre du collectif à l’origine du programme. « Chaque sujet est un focus utile aux participants pour aiguiser leurs sens. Comme un opticien, on veut aider à faire le point pour mieux voir ensuite. » 

Pour chaque session, un binôme de facilitateurs bénévoles, membres du collectif imagine puis mène la danse d’une trentaine de participants membres, résidents, partenaires, concurrents ou clients. On parle de parcours porteurs : « Moins on est sachant plus on est la bonne personne ». Les plus débutants sur un sujet qui auront décidé de le prendre en charge comme facilitateurs, seront ceux qui, à l’issue de la session, auront le plus appris.

Je suis allée à la session : Présenter la démarche d’innovation collaborative et ce qu’elle suppose orchestrée par Thomas Appleby et Michel Clavel. L’expérience est physique et sensorielle. Elle propose plusieurs subjectivités et regards. On itère en faisant un pas sur le côté, puis un pas de l’autre coté pour mieux comprendre et mieux voir !

Définir l’innovation collaborative n’est pas chose aisée. On arrive à se représenter à priori ce que c’est, mais mettre des mots, formaliser une définition qui parle et nous ressemble peut s’avérer plus compliqué qu’il n’y paraît. On pourrait ne pas savoir, avoir peur de dire des banalités, peur d’utiliser des mots trop compliqués ou des phrases toutes faites, peur d’ennuyer son auditoire.

Alors pendant ces deux heures les facilitateurs ont proposé de multiplier les angles de vue. La session est rythmée et les participants rentrent dans le jeu car ils en sont les acteurs principaux. Encore une fois, on apprend en expérimentant !

Dès les premières minutes on entre dans le vif du sujet : « Vous avez cinq minutes pour écrire une carte postale à qui vous voulez (enfant, grand-mère, ami, inconnu, etc.) pour expliquer ce qu’est l’innovation collaborative. »

Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses. On ne s’attache pas au résultat mais à l’expérience. « Qu’avez-vous ressenti ? » « De la peur, de la joie, des envies de poésie et de voyages »

On s’aventure alors autour du Totem, sculpture à cinq dimensions créée par les facilitateurs : cinq restitutions d’entretiens de membres du collectif qui présentent la démarche d’innovation collaborative. Cinq angles de vue possibles donc ! On parle d’ailleurs du Totem sur Talent Social et c’est ici !

Très vite les facilitateurs proposent encore un nouvel entraînement : « Si on réfléchissait par analogie ? » Les participants ont dix minutes pour dresser des portraits chinois : si l’innovation collaborative était un animal, une plante, un livre, etc. que serait-elle et pourquoi ?

Et si on utilisait d’autres structures de langage pour la définir ? Si l’innovation collaborative était un conte, une pièce de théâtre, une formule mathématique, une devinette, etc. Les participants restituent leurs travaux en paroles, mimes ou Scribes.

 

Et si on s’adaptait à son interlocuteur ? Comment parleriez-vous de l’innovation collaborative à un persona : un jeune adolescent fan de jeux vidéos, un cadre dirigeant d’une entreprise du CAC 40, père de trois enfants et qui a, chez lui, une collection de guitares électriques, etc. ?

En tant que participant, on se projette alors dans un rapport à soi et à l’autre qui créé l’écoute. Décaler par les images et les formes, aide à dire et à s’adapter à son environnement. On comprend et on transmet mieux car on sent.

A la fin des deux heures de session on a vécu plusieurs expériences. On a eu l’occasion d’expérimenter plusieurs regards et points de vue. La matière est exhaustive et on dispose des outils qui permettront à chacun d’en parler, en fonction de sa sensibilité, de ses interlocuteurs et du contexte dans lequel le sujet de l’innovation collaborative sera abordé. L’Acôdémie, ce n’est pas une recette toute faite mais plutôt un effet laser qui développe la sensibilité sur des sujets choisis, et l’envie de continuer à les questionner par la suite. 

Merci à l’Acôdémie de m’avoir invitée.

 

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! et Fanny de Font-Réaulx est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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Immersion en réalité virtuelle ! http://codesign-it.com/2018/11/29/immersion-en-realite-virtuelle/ http://codesign-it.com/2018/11/29/immersion-en-realite-virtuelle/#respond Thu, 29 Nov 2018 17:08:32 +0000 http://codesign-it.com/?p=2168 [...]]]> Documentation de l’expérimentation Codesign-it!
Episode 4

Immersion en réalité virtuelle !


Depuis 1 mois dans les locaux de Codesign-it à Paris, vous pouvez vivre une expérience d’immersion dans le monde de la réalité virtuelle et de la visualisation 3D.

L’objectif de cette expérience : faire émerger des idées, réfléchir et modéliser des concepts, des organisations, tester leur cohérence et les partager.

Comment ça marche ? DreamSketcher est un outil qui permet de dessiner en réalité virtuelle. Masque sur les yeux, manettes de pinceaux et couleurs en mains, musique dans les oreilles en option, vous entrez dans l’espace de modélisation : un parallélépipède rectangle de la taille d’une pièce de 12m2, dans lequel vous pourrez laisser libre cours à votre imagination autour de votre avatar (une photo 360° en nuage de points).

Astronaute et peintre en même temps, vous êtes au cœur de l’espace et dessinez vos idées, pensées ou réflexions autour du sujet de votre choix. DreamSketcher c’est une autre façon de s’exprimer, de co-créer et de partager, soit en live pendant votre immersion, soit à posteriori.

Le projet est expérimental et en partenariat avec David Nahon du 3D Experience Lab. C’est un prototype et tous les tests réalisés aujourd’hui ont pour objectif de faire évoluer l’outil et l’expérience. Avec une ligne directrice : trouver des utilisations pratiques qui apportent de la valeur dans le cadre de projets de transformation et d’innovation collaborative. A ce stade, plusieurs domaines d’application ont été identifiés : le coaching, les pitchs, l’imaginaire commun, la célébration, l’émergence d’idées nouvelles, la visualisation ou représentation immersive, le déconditionnement.

L’expérience permet d’aller piocher en profondeur, de se surprendre, d’expérimenter artistiquement des ressentis de façon très instinctive, de lâcher prise de façon douce et de changer son état d’esprit. Elle permet également de pouvoir en discuter ensuite et donner du feedback.

La semaine dernière je l’ai testée pour vous : j’ai représenté en 3D l’écosystème Codesign-it!
Je ne vous cache pas ma légère appréhension au démarrage de l’exercice. D’autant plus qu’en dessin je suis vraiment mauvaise… Mais l’expérience est facile d’accès et ne requiert aucune compétence particulière. Alors, sous l’œil bienveillant du chef d’orchestre de l’opération, Matteo Gozzi – membre de Codesign-it – je me sens en confiance et me lance dans l’aventure. Très vite l’appréhension disparaît et on se laisse embarquer dans la 3ème dimension où tout semble possible.

« Codesign-it est un collectif d’in(ter)dépendants, sans hiérarchie, un système de gouvernance par des cercles. Les membres et les partenaires gravitent dans cet écosystème autour de projets d’innovation collaborative chez les clients. Des idées, de la créativité et de l’innovation émergent du fruit de ces collaborations. Les différents projets et acteurs sont reliés et partagent. »

« Je n’ai pas voulu délimiter l’organisation. Tous ses acteurs évoluent dans l’espace, dans cet écosystème ouvert, transparent et mouvant. C’est comme si je pouvais les faire vivre, par leurs positionnements et par les liens tissés entre eux. J’ai l’impression d’être au cœur d’une maquette vivante. »

L’expérience est intuitive et rassurante, et grâce à elle l’écosystème de Codesign-it me paraît plus clair. C’était ma première fois avec la réalité virtuelle et je ne m’attendais pas à rester coincée dedans aussi longtemps ! Je pense d’ailleurs refaire appel à elle prochainement ; pour une représentation de la scénographie de ma prochaine pièce de théâtre par exemple.

En tous cas, je vous invite à tenter l’expérience ! Les DreamSketchers Open Test sont ouverts tous les jeudis de 14H à 18H au 10CO (lieu de regroupement parisien des membres de Codesign-it) ! Pour y participer, contactez- nous !

D’autres se sont déjà laissé tenter.
Voici quelques œuvres !





Paris, le 29/11/18 – Fanny de Font-Réaulx – Reporter chez Codesign-it!

Licence Creative Commons Cette œuvre de Codesign-it! et Fanny de Font-Réaulx est mise à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Attribution – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

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